En bref

Le marché du pont-canal de la Somme est attribué

Le pont-canal de la Somme, au nord-est du département, est l’un des ouvrages emblématiques du futur canal Seine-Nord Europe. Pour un montant d’environ 440 millions d’euros HT, le marché de sa conception et sa réalisation a été accordé au groupement nommé Canalieau.

Le canal Seine-Nord Europe est le grand chantier de ce début du XXIème siècle. Ce canal à grand gabarit, de 107 kilomètres de long et 54 mètres de large, reliera l’agglomération parisienne au réseau fluvial du Nord de la France et du Benelux. Pour un investissement de plus de 7,3 milliards d’euros, il connectera en effet le réseau français aux 20 000 kilomètres de voies européennes, permettant ainsi le développement du fluvial, comme solution écologique de transport de marchandises, mais aussi comme facteur de compétitivité pour les productions et d’attractivité pour les territoires.

Au départ de Compiègne jusqu’à Aubencheul-au-Bac dans le Nord, le canal Seine- Nord Europe traversera toute la région des Hauts-de-France, 64 communes, sept écluses et trois pont-canaux. Le pont-canal de la Somme en est l’ouvrage emblématique : d’une longueur de 1 330 mètres pour franchir la vallée de la Somme entre Cléry-sur-Somme, Péronne et Biaches, il fera le trait d’union du canal entre ces trois communes. Après trois années de procédure pour attribuer le marché public, la Société du Canal Seine-Nord Europe (SCSNE) a annoncé que le pont-canal de la Somme a trouvé son concepteur et réalisateur.

Pour un montant total d’environ 440 millions d’euros HT, le marché de sa conception-réalisation (Coréa) est attribué à un groupement formé sous le nom de «Canalieau» et dont le mandataire est l’entreprise Bouygues Travaux Publics. La SCSNE précise : «Il réunit des constructeurs experts des grands projets et des acteurs régionaux, ainsi qu’une maîtrise d’œuvre intégrée regroupant des ingénieries reconnus et des grands noms de l’architecture et du paysage, dont Michel Virlogeux».

28 mois de réflexion

Débutée fin 2022, la procédure de Coréa s’est déroulée en trois phases : une phase de candidature, une phase d’échanges sous forme de dialogue compétitif avec les quatre soumissionnaires admis à concourir, puis une phase d’analyse des offres qui a conduit à l’attribution du marché au groupement Canalieau. «Il s’agit de l’aboutissement de plus de 28 mois de réflexion sur la conception de l’ouvrage, ajoute la SCSNE. Elle va continuer de s’affiner durant cette année pour préparer un chantier qui, en pointe, mobilisera près de 400 compagnons et participera au développement du territoire».

Sur le plan technique, le pont-canal de la Somme sera large de près de 45 mètres, il enjambera la vallée de la Somme à près de 30 mètres de hauteur par endroit. L’ouvrage sera composé de deux culées [ndlr : la partie située sur la rive qui assure la liaison entre le pont et le sol, destinée à supporter le poids et la force du tablier], 34 piles et un tablier en béton de huit mètres d’épaisseur. Il intégrera aussi des aménagements pour les promeneurs, connectés aux différentes voies de circulation douce du territoire, et des aménagements environnementaux. La SCSNE souligne : «Pensé comme un mariage harmonieux de l’eau et du paysage, et non un ouvrage qui ne fait que le survoler, son insertion paysagère et son architecture ont fait l’objet d’un travail méticuleux, prenant en compte le jeu naturel des lumières et des ombres, les points de vue, le choix des matériaux ou encore la forme des différents éléments».

Plus de 85 hectares d’aménagements environnementaux ont déjà débuté sur le site, avant même la construction du pont-canal de la Somme. «L’objectif est de préserver et développer la biodiversité des milieux aquatiques, humides et boisés». Les études et les travaux préparatoires sont maintenant inscrits au planning de Coréa jusqu’au premier semestre 2027. Les travaux de construction du pont-canal suivront jusqu’en 2030, avant les essais de navigation et la mise en service entre 2031 et 2032.

Le groupement Canalieau

Le groupement Canalieau est composé de deux équipes, concepteurs et constructeurs, qui agiront en interaction constante. L’équipe des concepteurs réunit, autour de la grande ingénierie française Egis : Lavigne Chéron Architectes, Signes- Paysages, ISL (organisme agréé pour la sécurité des ouvrages hydrauliques), SBE et Egis Rail. L’équipe des constructeurs est constituée de Bouygues Travaux Publics, associée à Razel-Bec, qui ont noué un partenariat avec le groupe Ramery basé dans les Hautsde- France, mais également les entreprises de fondations Profond et Franki.