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Le Venezuela va livrer des dizaines de millions de barils aux Etats-Unis, affirme Trump

Le Venezuela va livrer des dizaines de millions de barils de pétrole aux Etats-Unis, a affirmé mardi Donald Trump, quelques jours après le renversement, lors d'un raid américain, du président Nicolas...

Les forces américaines ont frappé Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, le 3 janvier © STR
Les forces américaines ont frappé Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, le 3 janvier © STR

Le Venezuela va livrer des dizaines de millions de barils de pétrole aux Etats-Unis, a affirmé mardi Donald Trump, quelques jours après le renversement, lors d'un raid américain, du président Nicolas Maduro, capturé et désormais incarcéré aux Etats-Unis.

"Je suis ravi d'annoncer que les autorités par intérim du Venezuela vont remettre aux Etats-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité", a annoncé le président américain en précisant que "ce pétrole sera vendu au prix du marché", soit, selon les cours actuels, plus de 2 milliards de dollars.

"L'argent sera contrôlé par moi, président des Etats-Unis, pour garantir qu'il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des Etats-Unis", a-t-il assuré après avoir ouvertement admis convoiter les vastes ressources pétrolières du Venezuela, les premières réserves de brut prouvées de la planète.

Il n'était pas immédiatement clair si la nouvelle dirigeante du Venezuela, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, avait accepté de remettre le pétrole aux Etats-Unis, comment le plan fonctionnerait, ni sur quelle base juridique il reposerait.

Si le souhait du président américain se concrétise, ce serait le premier signe majeur que la nouvelle dirigeante du Venezuela et son gouvernement, soutenu par l'armée, sont disposés à répondre à un ensemble extraordinaire d'exigences de Washington.

Samedi dernier, un commando des forces spéciales américaines a enlevé le président Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores à Caracas et les a transportés à New York pour y être jugés pour des accusations de trafic de drogue.

Depuis, Donald Trump a déclaré ouvertement que les États-Unis allaient "diriger" le Venezuela et que les entreprises américaines contrôleraient son pétrole.

Donald Trump a averti que Delcy Rodriguez "paierait plus cher que Maduro" si elle ne faisait pas "ce qu'il faut" pour répondre aux exigences américaines : céder le contrôle de l'industrie pétrolière et affaiblir les liens avec Cuba, la Chine, l'Iran et la Russie.

"Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela", a affirmé mardi Delcy Rodriguez, membre de longue date du premier cercle de Maduro comme vice‑présidente et ministre de l'Energie. "Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d'autre".

Pas de reddition

Des experts estiment que Mme Rodriguez fait face à une tâche difficile pour rester au pouvoir, en équilibrant les demandes concurrentes de Trump et des faucons du gouvernement qui contrôlent les forces de sécurité et les paramilitaires.

Le gouvernement dirigé par Mme Rodriguez compte toujours dans ses rangs le ministre de l'Intérieur et tenant d'une ligne dure, Diosdado Cabello, ainsi que le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.

Toutefois, la présidente par interim a déjà montré quelques signes sur sa prise de contrôle. 

Elle a nommé un ancien chef du Sebin (Service bolivarien d'intellicence nationale) le général Gustavo Gonzalez Lopez nouveau commandant de la Garde d'Honneur présidentielle et directeur général de la Direction générale de contre‑intelligence militaire (DGCIM), en remplacement du Javier Marcano Tabata. La DGCIM est un corps stratégique dans les renseigenemets de l'Etat et a notamment joué un clé dans la répression. Le général Tabata paie aussi sans doute la capture de Maduro. 

Mme Rodriguez a aussi nommé le technocrate Calixto Ortega Sanchez ex-directeur de la banque centrale vénézuélienne en tant que vice-président chargé de l'économie, poste prioritaire pour son administration.

"Trump établit sans complexe un protectorat américain sur un pays souverain et revendique un droit sur ses ressources", a déclaré l'ancien diplomate vénézuélien Alfredo Toro Hardy, décrivant "quelque chose qu'on n'avait pas vu en Amérique latine depuis plus d'un siècle".

Le Venezuela n'a pas encore confirmé le nombre de personnes tuées lors de l'opération au cours de laquelle les forces américaines ont enlevé M. Maduro et son épouse mais l'armée et la milice vénézuélienne ont publié une liste de 23 soldats et un milicien tués lors des frappes américaines.

La Havane a indiqué de son côté que 32 membres des services de sécurité cubains avaient été tués lors de l'assaut américain. Le Venezuela est le principal fournisseur de pétrole de Cuba, en échange notamment de l'envoi de personnel médical. 

Pas confiance

Le bilan est d'au moins 57 morts. L'AFP a recensé au moins une civile tuée à la Guaira. 

Certaines sources parlent de 70 à 80 morts. Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab a fait des "dizaines de victimes parmi les civils innocents et les militaires".

Mme Rodriguez a décrété sept jours de deuil national en hommage aux victimes.

La vie suivait sa normalisation avec l'ouverture des magasins où les queues ont disparu. "Caracas aujourd'hui ressemble à un jour normal. Comme si c'était n'importe quel jour. Tout est très calme", a déclaré sur place à l'AFP Gabriel Lagalla, 23 ans.

La Maison Blanche a balayé l'idée que l'opposition démocratique vénézuélienne, largement considérée comme ayant remporté les élections de 2025, puisse prendre le pouvoir.

La dirigeante de l'opposition et Prix Nobel de la Paix Maria Corina Machado, marginalisée par Washington dans la transition post‑Maduro, a estimé dans une interview à Fox News que Mme Rodriguez n'était pas digne de confiance.

"Delcy Rodriguez, comme vous le savez, est l'une des principales architectes de la torture, de la persécution, de la corruption, du narcotrafic", a-t-elle assuré.

"Elle est la principale alliée et interlocutrice de la Russie, de la Chine, de l'Iran, certainement pas une personne digne de confiance pour les investisseurs internationaux".

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