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Les défaillances d’entreprises ont de nouveau atteint un niveau record en 2025

Alors que le nombre des défaillances d’entreprises (sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires) a enregistré un record historique en 2025, l’année 2026 s’annonce sous de meilleurs auspices.

Photo d'illustration. ©DR.
Photo d'illustration. ©DR.

Selon le bilan de l’Observatoire des données économiques du Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires (CNAJMJ), 68 057 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en 2025, en hausse de 3,5% par rapport à 2024 qui constituait déjà un niveau record. L’ensemble de ces procédures de défaillances s’est traduit en 44 908 liquidations judiciaires directes, 21 581 redressements judiciaires et 1 568 sauvegardes.

Des signaux positifs qui laissent présager une accalmie en 2026

Seule bonne nouvelle : le rythme des faillites a fortement ralenti en fin d’année 2025. Selon l’étude du cabinet Altares, spécialisé dans l’information sur les entreprises, sur le quatrième trimestre et le bilan de l’année 2025, « une accalmie semble enfin se dessiner pour 2026 ». Alors que la hausse des défaillances s’est établie à 38% au 4e trimestre 2023, puis à 10% sur la même période de 2024, elle est effectivement tombée à 1,7% sur les trois derniers mois de 2025. Autre signe encourageant : le niveau des procédures amiables (mandats ad hoc et conciliations) est relativement élevé et stable, ce qui laisse penser que les chefs d’entreprise anticipent mieux leurs difficultés.

Baisse des défaillances dans les petites entreprises fin 2025

Outre le recul des liquidations judiciaires directes, d’autres « bonnes surprises » ont été observées au dernier trimestre 2025 : les défaillances sont nettement en baisse dans les entreprises de 3 à 99 salariés (- 7% par rapport au même trimestre 2024), dans les secteurs de la construction (- 8%) et du transport routier (- 16%) ; aussi, dans les régions Normandie (-12,1%,) et dans une moindre mesure, Hauts-de-France (- 3,4%), Provence-Alpes-Côte d’Azur (- 2,8%), Auvergne-Rhône-Alpes (- 2,7%) et Grand-Est (- 2,1%).

Des tensions encore très fortes sur les PME et ETI, et sur l’emploi

Les tensions restent néanmoins très fortes pour les entreprises d’au moins 100 salariés. « Le nombre d’ouvertures de procédures est au plus haut (236 sur l’année2025) et continue d’accélérer très fortement (+ 18,6%) », relève l’étude Altares. Parmi ces « grandes » défaillances, « l’industrie manufacturière et le secteur social sont surreprésentés, concentrant respectivement 21% et 12% des ouvertures de procédure ». Une situation qui a de lourdes conséquences en termes d’emplois : « 267 000 salariés et dirigeants voient leur emploi menacé au terme de 2025, soit 11 000 de plus qu’il y a un an ».

Un record historique d’ouvertures de procédures pour un 4e trimestre

Autre mauvaise nouvelle observée fin 2025 : un record historique d’ouvertures de procédures pour un quatrième trimestre, avec une sinistralité en hausse chez les plus petites (moins de 3 salariés) et les plus grandes entreprises et celles de plus de quinze ans. Le nombre des défaillances augmente encore « rapidement » dans certaines activités telles que la mécanique industrielle (+ 68%), les taxis (+ 33%), la viticulture (+ 18%), le commerce automobile (+ 14%) ou la restauration (+ 8%). Enfin, le nombre des défauts a fortement progressé dans certains territoires en fin d’année 2025, et plus particulièrement en Corse (+ 26% par rapport au 4e trimestre 2024), dans les Pays-de-la-Loire (+ 22%) et Outre-mer (seule la Réunion est dans le vert).

Conjoncture défavorable et faiblesses structurelles

Selon le directeur des études Altares, Thierry Millon, « l’économie française a évolué en 2025 dans un cadre paradoxal, mêlant à la fois une inflation maîtrisée et une croissance atone avec des finances publiques sous tension dans un contexte géopolitique compliqué. Ce cocktail a créé un climat d’incertitude fort pour les entreprises et notamment des PME déjà éprouvées par la hausse des coûts logistiques et énergétiques. »

Dans ce contexte, « les entreprises les plus vulnérables tentent de jouer sur les délais de paiement interentreprises pour pallier des trésoreries qui se contractent », alerte-t-il. Le retard moyen de paiement – plus de 14 jours – a ainsi atteint en 2025 son plus haut niveau depuis la crise Covid, accentuant fortement les risques de défaillance.

Mais au-delà de cette conjoncture difficile, l’économiste invoque aussi et questionne sur « les faiblesses financières (capitaux insuffisants), logistiques (Supply Chain peu résiliente) ou structurelles (numérisation incomplète) de l’écosystème entrepreneurial français ».