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Les "violences sexuelles sur les enfants tuent", alerte l'activiste Arnaud Gallais

Les "violences sexuelles sur les enfants tuent", a alerté mercredi Arnaud Gallais, président de l'association Mouv'Enfants connue pour ses actions choc, indiquant avoir lui-même fait deux tentatives...
Le militant des droits de l'enfant Arnaud Gallais à Paris le 13 octobre 2022 © STEPHANE DE SAKUTIN

Le militant des droits de l'enfant Arnaud Gallais à Paris le 13 octobre 2022 © STEPHANE DE SAKUTIN

Les "violences sexuelles sur les enfants tuent", a alerté mercredi Arnaud Gallais, président de l'association Mouv'Enfants connue pour ses actions choc, indiquant avoir lui-même fait deux tentatives de suicide depuis début février. 

Victime d'inceste dans son enfance, le militant de la protection de l'enfance de 44 ans devait être entendu à l'Assemblée nationale, aux côtés d'autres associations, dans le cadre de la commission d'enquête, en cours, sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales. 

"Si je suis absent, ce n'est pas par désintérêt, c'est parce qu'entre le 7 et le 22 février j'ai fait deux tentatives de suicide", explique-t-il dans une lettre lue par une membre de son association, Suzanne Frugier, devant la commission d'enquête. 

"Si ces mots sont lus aujourd'hui, c'est pour dire une vérité que notre société refuse encore d'entendre: les violences sexuelles sur les enfants tuent parfois lentement, parfois silencieusement, parfois des années après", ajoute-t-il, dénonçant "le silence et de l'inaction".

"L'inceste n'est pas un concept, c'est une bombe dans une vie. On nous parle souvent de justice mais regardons les chiffres: 3% des agresseurs condamnés, moins de 1% en cas d'inceste", relève-t-il, pointant un "système qui épuise" les victimes "jusqu'à l'effondrement". 

Ancien membre de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), il dénonce, dans cette lettre, "les querelles internes" au sein de la structure, les "silences gênés" et une "dilution politique".

Or, il est urgent d'agir, exhorte-t-il. "40% des victimes ont des addictions, 40% des femmes ont des troubles gynécologiques, des milliers de vies fracturées à jamais. C'est un scandale sanitaire, politique et un échec collectif", dénonce Arnaud Gallais, appelant la commission d'enquête parlementaire à ne "pas être tiède".

Cette commission "doit poser les vraies questions: pourquoi si peu de condamnations, pourquoi tant de classements, pourquoi tant d'expertises maltraitantes, pourquoi tant de zones grises juridiques?", conclut-il. 

Selon la Ciivise, quelque 160.000 mineurs sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.