Un carnet de commandes à plus de cinq ans. Cette réalité, vécue par le groupe LGM engagé dans le secteur de l’électronique de défense, de nombreux dirigeants industriels rêveraient de la toucher du doigt au moment où la visibilité n’a jamais été d’aussi courte durée. Le tournant remonte à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Portés par des budgets massifs (comme la Loi de Programmation Militaire en France ou les plans de décarbonation européens), plusieurs sous-secteurs se démarquent : semi-conducteurs, cybersécurité, drone… Face à cette nouvelle donne, de plus en plus d’entreprises souhaitent saisir cette opportunité en allant chercher des marchés à haute valeur ajoutée. Mais la concurrence effrénée impose que le positionnement soit particulièrement étudié en lien avec un savoir-faire, des moyens de production, mais aussi des références. Une réflexion qui nécessite plusieurs étapes. La conquête d’un nouveau positionnement ne s’improvise pas. Au-delà de la légitimité, encore faut-il se donner les moyens de changer de stratégie et disposer d’une force de frappe qui passe inévitablement par un levier financier soutenu par Bpifrance ou les Régions notamment.
Des études anticipant les investissements massifs
C’est le cas des Verdunois de CORDM qui, après avoir constaté une progression de leur chiffre d’affaires de 13 millions d’euros en 2025, prévoient une stabilité en 2026, à l’heure où le contexte international n’a jamais été aussi incertain. Pour justement rebondir, la plus vieille Scop de Lorraine affiche son ambition de diversification et d’innovation afin de poursuivre son développement. Pour y parvenir, une seule stratégie : délaisser les marchés d’engrenages bas de gamme pour se concentrer sur des pièces stratégiques et de haute précision destinées aux secteurs de l’énergie, dont le nucléaire. L’enjeu est de s’orienter également vers de nouveaux marchés comme les datacenters et la Défense. Une volonté qui nécessitera des investissements. Et pour cause, le site devra disposer d’ateliers stabilisés avec une température constante. Force est de constater que les pics estivaux ont laissé des traces dans de nombreuses usines. Une réflexion est actuellement engagée pour climatiser un espace dont la superficie s’étend sur 7 500 m². Un devis énergétique est en cours et différentes options sont sur la table. Le choix devrait être arrêté dans les tout prochains mois et les financeurs seront sollicités par la PME qui devrait également se positionner sur les appels à projets innovants de la Région Grand Est. En attendant de décrocher des marchés, la PME multiplie sa présence aux Salons qui comptent comme celui de l’armement Eurosatory, en juin dernier, ou du nucléaire civil WNE, il y a tout juste un an.
La conquête d’un nouveau positionnement stratégique ne s’improvise pas