"Vous resterez à jamais un exemple de courage, de fidélité et d'honneur": un hommage national a été rendu mardi dans la Marne au sergent Anicet Girardin, mort à 31 ans des suites de ses blessures après une embuscade au Liban.
La cérémonie, organisée en fin de matinée au 132e régiment d'infanterie cynotechnique de Suippes auquel appartenait Anicet Girardin, était présidée par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, en présence du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Pierre Schill.
"La nation s'incline devant le sergent Anicet Girardin (...), le 145e mort pour la France au Liban depuis 1978", a déclaré Mme Vautrin.
Elle a rendu hommage devant son cercueil recouvert du drapeau tricolore à un homme "consciencieux, discret, d'une fiabilité absolue" et qui était "apprécié de tous".
Anicet Girardin s'était engagé en 2016 au sein du 132e régiment d'infanterie cynotechnique (RIC) de Suippes, où il s'était spécialisé dans l'aide à la recherche et à la détection d'explosifs.
"Cette spécialité demande de la patience, de la rigueur, une immense maîtrise technique et une intelligence du vivant qui ne s'apprend pas dans les manuels", a souligné Mme Vautrin.
Le caporal-chef, promu sergent à titre posthume, était déployé depuis le 23 janvier dans le sud du Liban comme adjoint-chef de groupe cynotechnique spécialisé dans la détection d'explosifs au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
Le 18 avril, lors d'une mission de reconnaissance d'itinéraire visant à réaliser le ravitaillement d'un poste isolé de Casques bleus, sa patrouille "a été prise à partie par un groupe armé", a expliqué son régiment.
Cette attaque a causé la mort de l'adjudant Florian Montorio et blessé trois soldats, dont Anicet Girardin, venu porter secours à son chef d'élément.
Anicet Girardin est décédé mercredi dernier des suites de ses blessures, après avoir été rapatrié en France. Le lendemain, un hommage national a été rendu à Florian Montorio au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, d'où il était issu.
Les autorités françaises et l'ONU ont attribué l'attaque au mouvement pro-iranien Hezbollah, lequel a nié toute implication.
La mort d'Anicet Girardin "redit le tribut que la France paye, son rôle et sa responsabilité, en l'espèce dans le cadre de la Finul où elle est depuis des décennies", a aussi déclaré mardi Emmanuel Macron en marge de son déplacement en Andorre.
"Nous attendons évidemment une condamnation claire des auteurs de cette attaque, et surtout que les poursuites soient faites comme il se doit. Mais la France peut être fière du rôle qu'elle joue au Liban et pour la paix", a ajouté le président de la République.
Anicet Girardin a reçu mardi à titre posthume la médaille militaire, la croix de la Valeur militaire avec palme de bronze et a été fait chevalier de la Légion d'honneur.
Il laisse derrière lui sa compagne, également militaire du 132e RIC, et un fils de deux ans. Ros, le berger allemand dont il était le maître-chien et qui l'accompagnait au Liban, a été réformé et a désormais rejoint sa famille, a appris l'AFP de son régiment.
Anicet Girardin est le troisième soldat français tué au Moyen-Orient depuis le début de la guerre déclenchée par des frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février.
En mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion (promu major à titre posthume) avait été tué en Irak dans une attaque de drones attribuée à une milice pro-iranienne.