Artisanat
Meuse : l’artisanat expliqué aux collégiens
Initiée depuis déjà vingt ans en Meuse par la Capeb, l’opération de promotion des métiers baptisée Artisan Messager a prévu une trentaine d’interventions dans des collèges meusiens entre septembre 2025 et juin 2026. L’enjeu est de susciter des vocations.
Transmettre la passion des métiers et encourager la relève en cassant les clichés. Un travail de longue haleine qui commence auprès des plus jeunes, aux collèges, avant même la première orientation, en fin de troisième que ce soient auprès des élèves intégrés aux dispositifs ULIS (Unité locale pour l’inclusion scolaire) et Segpa (Section d’enseignement général et professionnel adapté), ainsi que dans des classes générales. C’est d’ailleurs le défi que relève Gaël Rivé, artisan couvreur installé en Meuse qui porte sur sa tête deux autres casquettes : celle de formateur au lycée professionnel Freyssinet de Verdun et artisan messager intervenant auprès des collégiens depuis cinq ans. À l’heure où l’image de l’artisanat du bâtiment souffre encore et que les clichés ont la dent dure, qui de plus légitime qu’un artisan pour prendre le destin de la filière en main en allant prêcher la bonne parole ? Et pour faire connaître la diversité des métiers, le spécialiste intervient d’abord le matin autour de l’évolution de l’habitat, tout en sensibilisant les jeunes aux enjeux environnementaux dans le secteur pour ensuite proposer dans un second temps des manipulations à l’aide d’une maquette pédagogique. La construction d’un bâti miniaturisé permet d’assembler une charpente, de poser des ardoises ou encore d’installer un réseau électrique.
Sensibiliser à tout âge
L’opération
financée par la région Grand Est connaît un vrai succès en Meuse.
En 2024, 546 élèves ont été sensibilisés que ce soient des
collégiens mais aussi des jeunes de l’école de la seconde chance.
«Tous
sont curieux et ravis de cette formule interactive qui fonctionne
bien»,
confie Lise Cosson, la secrétaire générale de la Capeb de la
Meuse, ajoutant que «malgré
un planning particulièrement chargé, on parvient toujours à
rajouter des dates et à contenter toutes les demandes. S’il y
a dix ans, l’apprentissage était encore tabou lors nos
interventions, ce n’est plus le cas. Les mentalités ont évolué».
Conscient de leur rôle pour participer à la promotion des métiers
mais également à l’importance d’avoir pu créer un lien avec
l’Éducation
nationale, la Capeb est mobilisée également auprès des adultes,
des demandeurs d’emploi ou lors des forums d’apprentissage. Dans
ces cas précis, les ateliers découverte se font à l’aide de
casques de réalité virtuelle qui prennent le relai pour dévoiler
les conditions réelles des chantiers. À
chaque âge, une solution adaptée pour que l’artisanat du bâtiment
séduise le plus grand nombre à une période où les demandes de
recrutement restent en tension.