Les motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise sur la feuille de route énergétique du gouvernement constituent "un désordre politique inutile", a cinglé Sébastien Lecornu mercredi à l'Assemblée nationale.
Le Premier ministre a dénoncé "une succession d'improvisations" de la part des deux partis, évoquant notamment "des chiffres inventés" du côté du Rassemblement national et accusant LFI de "préférer importer du gaz russe que de produire de l'électricité nucléaire décarbonée française".
Le gouvernement a dévoilé par décret le 12 février sa nouvelle stratégie énergétique, après trois ans d'intenses débats et d'innombrables reports, et les groupes censeurs ont dénoncé un contournement du Parlement. Leurs motions ont peu de chances d'être adoptées, la gauche ne votant jamais les motions déposées par le RN, et le PS ayant annoncé ne pas voter celle déposée par LFI.
"Quand les macronistes perdent avec les règles de la démocratie, ils choisissent de passer en force avec cette +PPE3+. Votre dérive libérale est totale", a accusé le député RN Jean-Philippe Tanguy.
Le RN, contrairement à son habitude, ne votera pas la motion déposée par LFI, M. Tanguy invoquant "l'indécence du comportement, le soutien assumé et ré-assumé des Insoumis à une milice séditieuse haineuse" après la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon.
De son côté, le député insoumis Maxime Laisney a qualifié de "nouvelle sorte de 49.3" la "publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie sans vote du Parlement".
Mettant l'accent sur la relance de la consommation d'une électricité décarbonée, notamment d'origine nucléaire, en remplacement des énergies fossiles coûteuses à importer, la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) a aussi acté un moindre déploiement de l'éolien terrestre et du solaire.
"La France mérite une politique énergétique sérieuse" et "renverser un gouvernement ne produira pas un mégawattheure. Cela ne réduira pas d'un euro notre facture d'importation. Cela ne construira aucun réacteur", a fait valoir Sébastien Lecornu.
Le Premier ministre a une nouvelle fois reproché à LFI son attitude autour de la mort de Quentin Deranque. "Quand une formation politique entretient l'ambiguïté sur la violence, quand elle brouille les repères républicains, la priorité devrait être la clarification interne, Mme Panot, pas la déstabilisation institutionnelle", a-t-il lancé, sous les protestations de la présidente du groupe insoumis Mathilde Panot.
Le Premier ministre a également égratigné le RN qui, "toute honte bue", par "une gêne momentanée" et "un réveil trop tardif", ne votera pas la motion insoumise.