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Moyen-Orient: les Bourses tentent une reprise après deux séances dans le rouge, gaz et pétrole soufflent

Les Bourses mondiales sont en hausse mercredi, profitant d'une accalmie sur les marchés du gaz après deux jours de flambée des prix provoquée...
La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris © ERIC PIERMONT

La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris © ERIC PIERMONT

Les Bourses mondiales sont en hausse mercredi, profitant d'une accalmie sur les marchés du gaz après deux jours de flambée des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

"Les espoirs sont élevés que le conflit au Moyen-Orient puisse être de courte durée, après un article de presse indiquant que l'Iran aurait contacté les États-Unis ce week-end au sujet d'une fin de la guerre", commente Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

De quoi permettre aux marchés d'actions de se redresser.

"Sur le papier, tout cela paraît rassurant. Pourtant, dans les faits, le conflit se poursuit et aucun signe concret de désescalade n'est encore visible", souligne cependant Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com.

Vers 15H10 GMT, Francfort prenait 1,69%, Paris 1,12%, Milan 1,94% et Londres 0,71%. Le Stoxx Europe 600, qui rassemble les 600 plus grosses capitalisations du continent, gagnait 1,42%.

L'Europe profite de la baisse des prix du gaz naturel européen, le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence européenne, s'affichant en baisse de 10,57% à 72,40 euros le mégawattheure. Le gaz, que le continent importe massivement, flambe encore toutefois de plus de 50% sur la semaine.

Les actions européennes sont aussi "tirées vers le haut par les secteurs technologique, industriel et financier, après que ces secteurs ont fortement chuté mardi", note Mme Brooks.

Reste "qu'il est difficile d'envisager une véritable reprise tant que les combats se poursuivent", prévient Neil Wilson, de Saxo Markets.

Les indices du Vieux Continent ont connu un début de semaine chaotique, mardi marquant même la pire séance de plusieurs places européennes depuis avril 2025 --quand Donald Trump avait instauré des droits de douane massifs.

Sur les séances de lundi et mardi, le CAC 40 a perdu plus de 5%, le Dax près de 6% et le FTSE 100 de Londres près de 4%.

Wall Street tente également une reprise mercredi. Dans les premiers échanges le Dow Jones prenait 0,55%, l'indice Nasdaq progressait de 1,23% et l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,75%. 

La flambée des hydrocarbures a en revanche continué de bousculer mercredi les Bourses asiatiques. L'indice Nikkei à Tokyo a perdu 3,61%, et le Kospi à Séoul a chuté de 12,06%.

"Si le sentiment de risque continue de s'améliorer, nous pourrions voir les actions asiatiques se redresser plus tard dans la nuit", estime toutefois Kathleen Brooks.

Ailleurs sur le continent, Hong Kong a perdu 1,96% et Shanghai 0,98%. Bombay a plongé de 4,50%. 

A Dubaï, le principal indice a terminé sur une chute de 4,71% et celui d'Abu Dhabi de 2,25% après deux jours de fermeture en raison de la guerre.

Le pétrole navigue au gré de l'actualité

L'article du New York Times "indiquant que l’Iran aurait indirectement approché la CIA au sujet de potentielles conditions pour mettre fin à la guerre" a permis au pétrole de reprendre son souffle après deux jours de forte hausse, souligne Fawad Razaqzada.

Le baril de Brent de la mer du Nord cédait 0,15% à 81,28 dollars. Le baril WTI nord-américain perdait quant à lui 0,43% à 74,24 dollars vers 15H10 GMT.

L'envolée des prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, inquiète toujours les investisseurs.

Ces derniers redoutent un regain d'inflation, et le spectre de la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022 plane.

Donald Trump a assuré que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz, une annonce qui a déjà limité les pertes de Wall Street mardi.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont eux revendiqué mercredi le contrôle "total" du passage.

"Les marchés, à juste titre, attendent plus que de simples déclarations avant de réduire la prime de risque intégrée aux prix de l'énergie", affirme M. Razaqzada.

Mercredi, au cinquième jour de la guerre au Moyen-Orient, Israël a lancé de nouvelles frappes sur l'Iran et le Liban, avec de fortes explosions entendues à Beyrouth. 

Téhéran continue en représailles de lancer des missiles contre des cibles américaines et israéliennes dans la région.