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Municipales: à Grenoble, Alain Carignon tente un énième retour

Grenoble, bastion de gauche imprenable ? Pas si vite, répète l'ancien maire RPR Alain Carignon, déterminé malgré ses casseroles judiciaires à combler son retard sur la favorite des sondages, Laurence...
Alain Carignon, ancien ministre et ancien maire de Grenoble, candidat tête de liste des Républicains à la mairie de Grenoble, distribue des tracts de campagne sur un marché, le 7 février 2026 à Grenoble © OLIVIER CHASSIGNOLE

Alain Carignon, ancien ministre et ancien maire de Grenoble, candidat tête de liste des Républicains à la mairie de Grenoble, distribue des tracts de campagne sur un marché, le 7 février 2026 à Grenoble © OLIVIER CHASSIGNOLE

Grenoble, bastion de gauche imprenable ? Pas si vite, répète l'ancien maire RPR Alain Carignon, déterminé malgré ses casseroles judiciaires à combler son retard sur la favorite des sondages, Laurence Ruffin, soutenue par l'écologiste sortant Eric Piolle.

Une chose est sûre, Grenoble, après avoir été un laboratoire des Verts dont elle fut la première grande conquête en 2014 et qu'ils ont cogérée avec LFI, va changer de maire. Une dizaine de prétendants, de Lutte ouvrière au RN, sont en lice pour succéder à M. Piolle, qui avait annoncé de longue date qu'il ne briguerait pas de troisième mandat.  

Selon un sondage du groupe Ebra publié début février, la cheffe d'entreprise Laurence Ruffin, sœur du député François Ruffin, fait pour l'heure largement la course en tête avec 34% des intentions de vote au premier tour, suivie par M. Carignon avec 25%, puis le candidat insoumis Allan Brunon (10%).

Une avance apparemment confortable pour celle qui dit vouloir "ouvrir une nouvelle page" dans la capitale des Alpes, considérée comme l'une des villes les plus à gauche de sa catégorie (160.000 habitants), mais sans renier la "trajectoire" déjà accomplie.

Mais M. Carignon, 77 ans et candidat malheureux au scrutin de 2020, qu'il avait à l'époque présenté comme son "dernier tour de piste", est loin de se déclarer battu: l'ancien édile, qui dirigea Grenoble de 1983 à 1994 avant d'être condamné en 1996 à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d'inéligibilité, pour "corruption" et "abus de biens sociaux", fait campagne tous azimuts. 

Tectonique des plaques

Dénonçant une ville en proie aux narcotrafiquants, il a fait de la sécurité l'un de ses principaux chevaux de bataille et promet d'agir pour que "plus jamais les parents n'aient la peur au ventre" quand leurs enfants quittent le domicile.

L'ancien ministre, qui a passé ces dernières années à croiser le fer avec M. Piolle au conseil municipal, a aussi réussi à rallier à sa liste un autre candidat, le centriste Pierre-Édouard Cardinal, crédité de 6% d'intentions de vote. Cette manoeuvre, si les électeurs suivent, le rapproche donc nettement du score potentiel de Mme Ruffin. 

Mais elle a été désavouée par le parti Renaissance qui a pris ses distances avec M. Cardinal et sa colistière, l'ancienne députée LREM Emilie Chalas. 

Cette dernière en prend acte mais défend une décision qui "bouge la tectonique des plaques" et par là-même peut faire "joue(r) la gagne". "L'élection de Mme Ruffin, même si c'est la favorite, n'est pas du tout jouée", déclare-t-elle à l'AFP.

Alliance ou pas, Grenoble n'est "pas en haut sur la liste de mes inquiétudes", a réagi cette semaine la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, venue soutenir Mme Ruffin.

Voter utile

"Il y a des gens qui ne comprennent pas ce que fait la France insoumise en ce moment", estime Mme Tondelier en référence aux polémiques nées après le décès du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon.

Ils voudront par conséquent voter "utile à gauche dès le premier tour", prédit-elle, tablant sur un "électrochoc" en faveur de Mme Ruffin. 

Et si cela ne devait pas suffire ? Une potentielle alliance au deuxième tour avec LFI relèvera du "cas par cas". "C'est notre philosophie. On n'a jamais fait d'accords nationaux", explique-t-elle.

Mme Ruffin, dont le collectif rassemble à ce jour huit partis dont le PS, ne ferme elle non plus aucune porte. Outre LFI, elle pourrait envisager de s'allier avec la liste Grenoble Capitale Citoyenne, qui réunit Place Publique, le PRG et le parti écologiste Equinoxe, et est créditée par le sondage de 8% des intentions de vote.

"J'ai toujours dit: +On porte l'union de la gauche écologiste et citoyenne+, c'est la manière dont je me suis présentée depuis toujours", a déclaré mercredi la candidate âgée de 48 ans et novice en politique. "Ma bataille, c'est aussi de faire en sorte que Grenoble reste une ville de gauche et une ville écologiste."