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Municipales à Marseille: Payan repart seul face au RN, la droite se maintient

Le maire de gauche sortant Benoît Payan repart seul pour le second tour, appelant "chacun à prendre ses responsabilités" face à un Rassemblement national "aux portes" de Marseille, une position "irresponsable" pour LFI alors...
Le maire de gauche sortant de Marseille Benoît Payan (c) quitte la préfecture après avoir déposé sa liste, au lendemain du 1er tour des municipales, le 16 mars 2026à Marseille © Thibaud MORITZ

Le maire de gauche sortant de Marseille Benoît Payan (c) quitte la préfecture après avoir déposé sa liste, au lendemain du 1er tour des municipales, le 16 mars 2026à Marseille © Thibaud MORITZ

Le maire de gauche sortant Benoît Payan repart seul pour le second tour, appelant "chacun à prendre ses responsabilités" face à un Rassemblement national "aux portes" de Marseille, une position "irresponsable" pour LFI alors que la candidate de droite se maintient.

Fermant la porte dès dimanche soir à tout rapprochement avec le député LFI Sébastien Delogu, qui l'a traité en retour "d'irresponsable", Benoît Payan, 48 ans, a déposé sa liste dès lundi matin en préfecture, entouré de ses colistiers, l'air confiant et déterminé.

"On a toujours été très clair", "face au Rassemblement national, il n'y a ni compromission ni tambouille ni arrangement" mais "il faut de l'union, de la clarté et du rassemblement", a-t-il déclaré à la presse. 

Dans la deuxième ville de France, le maire sortant, à la tête d'une coalition de gauche, écologiste et citoyenne, est arrivé d'une courte tête (36,70%) devant le député du RN Franck Allisio (35,02%). 

Une avance suffisante pour l'encourager à partir seul alors qu'il a lui-même répété qu'un basculement à l'extrême droite de cette ville façonnée par les métissages serait "un séisme".

"Je suis assez inquiète de ce qui va se passer au deuxième tour. Je suis inquiète par la montée de l'extrême droite, et j'espère que les Marseillais vont pouvoir se rassembler pour poursuivre une politique de vivre ensemble", confie Estelle Lasfargues, orthophoniste de 48 ans interrogée par l'AFPTV. 

LFI est arrivé quatrième à 11,94% et la question d'un éventuel retrait de cette liste se pose donc sérieusement.

Dans le camp de la droite et du centre, après un long silence, la candidate Martine Vassal, 63 ans, s'est enfin exprimée dans l'après-midi par voie de communiqué. 

"Nos courants doivent continuer à être représentés", écrit la candidate, qui n'a obtenu qu'un très faible score (12,41%) alors que, en tant que présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône, elle est une figure de la vie politique locale.

D'ailleurs, les regards se tournent déjà vers la puissante métropole qui sera renouvelée après ces municipales et doit choisir un nouveau président début avril.

Déjà en 2020, Martine Vassal avait essuyé une cuisante défaite aux municipales, échouant à garder la ville qui était dirigée depuis 25 ans par le LR Jean-Claude Gaudin. 

Chacun sait ce qu'il a à faire

Le maire de Nice, Christian Estrosi, en ballotage défavorable face à son rival Eric Ciotti, lui avait demandé lundi matin de se retirer, espérant que la gauche face de même sur la Côte d'Azur. 

Franck Allisio lui avait aussi de nouveau tendu la main. "J'appelle tous les électeurs de Mme Vassal, (...) à me rejoindre mais j'appelle également Mme Vassal à me rejoindre, la politique du pire n’est jamais la bonne solution", avait-il dit sur Franceinfo.

La situation marseillaise a bien sûr mobilisé les responsables des partis à Paris, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, demandant "solennellement" à La France insoumise comme à Martine Vassal de "se retirer" dans la cité phocéenne.

"Consternante irresponsabilité arrogante de Benoît Payan, le maire par surprise de Marseille. Il préfère le risque de l'extrême droite à la fusion technique avec LFI", a taclé de son côté le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon sur X.

Dimanche soir, les militants marseillais insoumis semblaient déjà résignés. "C'est sûr, on aurait préféré être en position de force. Mais l'essentiel, c'est que la gauche ne perde pas cette ville. Chacun sait ce qu'il a à faire pour que ça n'arrive pas", déclare Fabien, 39 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Les Marseillais, qui n'ont pas accouru aux urnes, avec une participation de 52,17% inférieure à la moyenne nationale, semblent, à l'image des résultats, très divisés.

"On espère vraiment qu’Allisio reprenne Marseille en main. Que les gens puisse aller à la Canebière, se promener sans risque, qu'il n'y ait plus de drogue qui circule", lâche Sandra Dahan, 53 ans, commerçante sur un marché.

"Moi, je pense qu'au deuxième tour, le RN risque de passer. Franchement. Je ne sais pas ce que ça sera pour Marseille. Si ça sera mieux ou pire, on verra", dit Béatrice Paul, 62 ans.