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Municipales à Nantes: la maire PS sortante scelle un accord avec LFI

La maire PS sortante de Nantes, Johanna Rolland, talonnée par la droite au premier tour des municipales dans ce bastion socialiste, a conclu lundi une alliance avec La France...
La maire PS sortante de Nantes, Johanna Rolland, le 15 mars 2026 à Nantes © Loic VENANCE

La maire PS sortante de Nantes, Johanna Rolland, le 15 mars 2026 à Nantes © Loic VENANCE

La maire PS sortante de Nantes, Johanna Rolland, talonnée par la droite au premier tour des municipales dans ce bastion socialiste, a conclu lundi une alliance avec La France Insoumise en vue du second tour.

"C'est une fusion démocratique qui se concrétise entre nos listes", a déclaré dans un communiqué l'équipe de Johanna Rolland, qui a réuni dimanche 35,24% des voix, suivie de près par Foulques Chombart de Lauwe, candidat Les Républicains (33,77%) allié aux centristes.

Fort de 11,2% des suffrages, le candidat Insoumis, William Aucant avait proposé dès dimanche soir une "fusion technique" à la maire sortante.

"Ensemble, nous avons décidé de constituer un front antifasciste afin de battre la droite et empêcher Nantes de basculer", a déclaré LFI lundi soir dans un communiqué séparé.

Les électeurs ayant voté pour La France Insoumise au premier tour "seront représentés au conseil municipal et au conseil métropolitain à hauteur du score obtenu dans les urnes", précise LFI, qui assure que "cet accord ne vaut ni effacement, ni renoncement". 

Plus tôt dans la journée, William Aucant avait conditionné l'accord à la "reconnaissance politique du résultat du premier tour" à travers la "représentation proportionnelle" de sa liste aux conseils municipal et métropolitain, ainsi qu'au refus de Johanna Rolland de "tout accord" avec la liste divers centre de Mounir Belhamiti, qui a récolté dimanche 8,12% des voix.

Ex-député Renaissance opposé à l'alliance avec Foulques Chombart de Lauwe, il a depuis quitté le parti.

L'accord avec LFI résulte d'une "démarche de responsabilité, fondée sur la conviction que la gauche doit apprendre à se parler, à dialoguer et à coopérer", a affirmé l'équipe de Johanna Rolland.

La maire sortante avait appelé dimanche "toutes les forces de gauche écologistes et humanistes" à se mobiliser "pour rendre possible la victoire".

Le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a dit lundi qu'il n'était pas opposé à des alliances locales avec les Insoumis dans certaines villes, comme à Nantes.

Accord de la honte" pour LR

Johanna Rolland "trahit les valeurs républicaines en s'alliant avec un parti antisémite, violent, qui prône la haine de la police", a réagi Foulques Chombart de Lauwe, appelant les électeurs à "rejeter avec force cet accord de la honte".

Inconnu des Nantais il y a encore quelques mois, Foulques Chombart de Lauwe a noué une alliance inédite entre LR, le camp présidentiel, le Modem et Horizons, et donné un élan à la droite. 

"Ce résultat nous donne une chance historique, la victoire est à portée de main", a affirmé le candidat dimanche soir.

Le politologue Arnauld Leclerc, professeur à l'université de Nantes, note une "contre-performance" au premier tour de la maire sortante face à Foulques Chombart de Lauwe, qui mobilise lui "énormément son camp".

Plusieurs communes de l'agglomération nantaise jusqu'ici dirigées par des maires de gauche, comme Orvault, La-Chapelle-sur-Erdre et Bouaye, ont basculé dès le premier tour vers des listes respectivement étiquetées divers droite, divers centre et divers.

"C'est un bilan extrêmement morose", a réagi auprès de l'AFP la députée écologiste de Loire-Atlantique Julie Laernoes. 

En 2020, Johanna Rolland avait obtenu au premier tour 31,36% des voix à Nantes, mais elle n'était alors pas encore alliée avec les Écologistes, qui conduisaient leur propre liste et avaient récolté 19,58% des suffrages. Une alliance s'était nouée pour le second tour. 

À Nantes, cinq listes ont été éliminées dimanche dès le premier tour : celle de Mounir Belhamiti (8,12%), la liste divers gauche menée par Margot Medkour (5,53%) - candidate soutenue en 2020 par LFI -, celle du Rassemblement national, derrière Jean-Claude Hulot (4,57%), et celles du NPA et de Lutte Ouvrière qui ont récolté chacune moins de 1% des suffrages.