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Municipales à Paris: la conseillère écologiste Alice Coffin dénonce son éviction

La militante féministe lesbienne Alice Coffin, conseillère de Paris apparentée écologiste depuis 2020, a dénoncé vendredi son éviction de la liste centrale d'union de la gauche hors LFI aux municipales, jugeant "graves" les répercussions de ce...
Alice Coffin à Paris le 21 septembre 2020 © JOEL SAGET

Alice Coffin à Paris le 21 septembre 2020 © JOEL SAGET

La militante féministe lesbienne Alice Coffin, conseillère de Paris apparentée écologiste depuis 2020, a dénoncé vendredi son éviction de la liste centrale d'union de la gauche hors LFI aux municipales, jugeant "graves" les répercussions de ce choix qui "exclut les activistes" de l'assemblée parisienne.

"Je ne serai plus conseillère de Paris après les élections de mars. Ce n’est pas mon choix. Mon nom a été rayé des listes par les écologistes et les socialistes", a dénoncée l'élue du XIIe sur X.

Alice Coffin, journaliste de formation, s'était fait connaître en 2020 en dénonçant les liens de proximité entre l'ex-adjoint à la Culture d'Anne Hidalgo, le socialiste Christophe Girard, et l'écrivain Gabriel Matzneff, visé par deux enquêtes pour viol sur mineur.

Interrogée par l'AFP, Mme Coffin dit n'avoir reçu aucune explication claire. "Ils n'ont rien à dire sur le travail fourni pendant le mandat. On me dit que ce sont des logiques d'appareil, que trop de promesses ont été faites à trop de gens", explique-t-elle.

Cofondatrice de l'Association des journalistes LGBT (AJL) et porte-voix de la Conférence européenne des lesbiennes, Alice Coffin est également co-fondatrice de l'Observatoire des violences sexuelles et sexistes en politique, créé dans le sillage du mouvement MeToo.

"Les répercussions de ce choix sont graves. Pas celles de ne pas me choisir moi, mais de ne pas faire élire des profils similaires. C'est-à-dire des activistes", estime-t-elle, rappelant avoir été la cible de "milliers de messages numériques sordides" et de "menaces de viol incessantes" pour avoir porté ses combats, notamment au Conseil de Paris.

L'élue regrette plus largement la composition des listes partout en France, tous partis confondus.

"Les partis politiques n'aiment pas les féministes. Si je poussais un peu les choses, je dirais même qu'il vaut mieux être accusé d'agression sexuelle que féministe", ironise-t-elle, faisant référence à des candidats mis en examen ou condamnés.

L'accord passé entre écologistes et socialistes prévoit 36 places éligibles (contre 28 élus actuellement) pour les premiers au Conseil de Paris dans le cadre d'une victoire large de l'alliance, soit 102 élus. Ce que le maintien possible de quatre voire cinq listes au second tour rend improbable.

"La liste écologiste s'est refermée sur son petit appareil et toutes les têtes qui dépassent ont été coupées", a réagi Émile Meunier, conseiller de Paris écologiste rallié à LFI, dénonçant une "rétractation sur les apparatchiks".

Interrogé par l'AFP, le co-secrétaire des Écologistes Paris, Antoine Alibert, reconnaît qu'Alice Coffin "a mené des combats et un travail remarquables avec l'ensemble des élus écologistes" et assure "qu'il n'y a pas eu de volonté de l'évincer".

"D'autres profils de militants de la société civile avaient été contactés lorsqu'Alice Coffin a évoqué le souhait d'être reconduite, trop tardivement au regard de notre processus de désignation", a-t-il précisé.