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Ecologie

Municipales et transition écologique : des élus locaux motivés mais démunis

Un récent sondage montre que l’engagement des élus locaux en faveur de la transition énergétique et climatique reste une préoccupation centrale, quel que soit leur bord politique, mais que sa mise en œuvre souffre du manque de moyens opérationnels.


© Adobe stock.

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A un mois des prochaines échéances électorales, The Shift Project, groupe de réflexion engagé en faveur de la décarbonation de l’économie, a dévoilé les résultats de la « Grande consultation des maires et des élus municipaux » qu’il a réalisée auprès de 3 000 élus ( dont 950 maires). L’étude montre que le « backlash » écologique observé ces derniers mois à l’échelle européenne, notamment, n’est pas de mise à l‘échelle locale en France : la transition énergétique et climatique demeure une préoccupation centrale pour les élus locaux et un enjeu prioritaire du prochain mandat.

Changement climatique, dépendance aux énergies fossiles et préservation de l’environnement

87% des élus municipaux interrogés ont en effet déclaré que le changement climatique était une préoccupation personnelle importante (note d’au moins 7 sur 10) et 70% se sont dits fortement préoccupés par la dépendance nationale aux énergies fossiles (note d’au moins 7 sur 10). Egalement, 70% d’entre eux citent la préservation de l’environnement comme l’un des trois enjeux prioritaires du prochain mandat (qu’ils se représentent ou non), devant la revitalisation des centres-bourgs (41%), la fiscalité (34 %) ou la sécurité (29%).

Des préoccupations transpartisanes et dépassant le type de territoires

Autre enseignement de cette étude : l’engagement pour la transition écologique dépasse les préférences partisanes, d’une part, et le type de territoire concerné – urbain, péri-urbain ou rural. Ainsi, la proportion des répondants déclarant avoir pris en compte la transition énergétique lors de leur mandat s’établit à 85 % chez les élus de préférence partisane « à gauche ou très à gauche » et à 88% chez ceux au « centre, à droite ou très à droite ». Et elle atteint 86% chez les élus de territoires ruraux, 87% pour les centres péri-urbains et 91% chez les élus des zones urbaines.

Priorité à la qualité de vie, la santé et le pouvoir d’achat

L’amélioration de la qualité de vie et de la santé des habitants et la diminution des dépenses énergétiques sont les deux premières motivations des élus pour agir en faveur de la transition énergétique et climatique. Arrivent ensuite la volonté de protéger la population des effets du dérèglement climatique et la contribution à l’effort national de neutralité carbone. Cela se traduit, notamment, par des mesures de sobriété énergétique dans les bâtiments publics, par la rénovation des bâtiments de la collectivité et celle des logements, la sensibilisation des citoyens et des entreprises, la formation des agents municipaux ou encore le développement des infrastructures de mobilité active et des transports collectifs.

Manque de moyens et de disponibilité

Il ressort également que les principaux freins à l’action des élus en faveur de la transition sont le manque de moyens (financiers, humains…) de la collectivité (59%), l’accumulation des urgences quotidiennes (57%), le manque de connaissances ou de compétences (41%) et d’accompagnement (39%). À noter que la crainte de l’impopularité (7%) ou le risque électoral (4%) sont ceux les moins cités par les répondants. Seuls 4% d’entre eux ne souhaitent pas engager d’action dédiée.

Des besoins en formation et en ingénierie

Pour accélérer la transition sur leur territoire, les élus disent avoir besoin de documentation et de retours d'expériences réussies d’autres communes, de formations courtes et pratiques adaptées au contexte local, d’un service d’expertise régionale pour répondre aux questions techniques en temps réel. Aussi, disposer d’éléments de communication pour convaincre la population, de kits méthodologiques simples, d’outils pour associer les acteurs locaux, ou encore de davantage d’échanges et de collaborations avec des scientifiques.

Enfin, 89 % des élus interrogés ont déclaré que la transition énergétique et climatique des territoires devait faire partie des priorités du ou de la prochain(e) président(e) de la République.