En bref

Municipales: la droite rêve de s'emparer du bastion socialiste nantais

Dans la rue, au marché, il promet plus de sécurité et brandit comme un repoussoir l'accord entre LFI et la maire PS. Au coude-à-coude avec elle au premier tour, Foulques Chombart de Lauwe...
Foulques Chombart de Lauwe le 19 mai 2026 à Nantes © Loic VENANCE

Foulques Chombart de Lauwe le 19 mai 2026 à Nantes © Loic VENANCE

Dans la rue, au marché, il promet plus de sécurité et brandit comme un repoussoir l'accord entre LFI et la maire PS. Au coude-à-coude avec elle au premier tour, Foulques Chombart de Lauwe espère s'emparer dimanche du bastion socialiste nantais.

Encore peu connu à Nantes il y a quelques mois, le candidat LR, fort d'une alliance nouée avec les centristes, a récolté dimanche 33,77% des voix, talonnant Johanna Rolland (35,24%), pourtant donnée favorite. Moins de 1.800 voix les séparent.

Programme à la main, casque de vélo sous le bras, le candidat tracte dans le centre-ville aux côtés de militants. "Jamais il n'y a eu une telle possibilité de bascule", assure-t-il à une passante.

Auprès des piétons et cyclistes qui longent le château des ducs de Bretagne, à quelques centaines de mètres de la gare, Foulques Chombart de Lauwe et sa colistière MoDem, Sarah El Haïry, martèlent le même argument: l'accord "de la honte" entre La France Insoumise et la maire sortante.

"Je pense que c'est la fin de sa carrière politique", avance le candidat. 

De son côté, Johanna Rolland, numéro 2 du PS, "assume pleinement" l'"accord démocratique" passé avec le candidat LFI, William Aucant (11,2%).

"Laisser une triangulaire se produire, c'était prendre un risque que, je crois, les Nantaises et les Nantais ne m'auraient pas pardonné", a affirmé la maire sortante lors d'un débat mercredi soir organisé par France 3 Pays-de-la-Loire.

Elle appelle à la "mobilisation générale" face à un concurrent qui a, selon elle, "délibérément flirté avec l'extrême droite".

Bonds de notoriété

Lorsque le candidat LR aborde les passants, le sujet de la sécurité revient invariablement. Il l'a érigé en première priorité et accuse la maire de l'avoir négligé.

Il promet entre autres d'armer les policiers municipaux et de doubler encore leurs effectifs, multipliés par deux depuis 2020 par la mairie socialiste.

"C'est pour moi le principal sujet. J'ai fait mes études ailleurs et, en revenant, j'ai vu la différence", explique François, analyste financier de 24 ans, qui votera pour lui dimanche. 

Face à une militante qui lui tend le programme du candidat, un quadragénaire déplore les coupes budgétaires opérées fin 2024 dans la culture par la présidente Horizons de la région, Christelle Morançais, dont le parti est allié au candidat LR. "Ma femme est intermitente du spectacle, elle n'a plus une thune", lance-t-il. Dimanche, "pour la culture" notamment, il votera Johanna Rolland.

Foulques Chombart de Lauwe, rarement identifié par les passants jusqu'à récemment, estime avoir bénéficié ces derniers mois de plusieurs "bonds de notoriété": "Après la primaire à l'automne, après mon meeting en janvier avec entre autres Bruno Retailleau (patron des LR) et Christelle Morançais et puis une reconnaissance exponentielle depuis le premier tour", dit-il à l'AFP.

Remobilisation

Originaire de Nantes, âgé de 46 ans, le candidat est à la ville directeur de l'antenne nantaise d'un cabinet de chasseurs de têtes. Conseiller municipal d'opposition depuis 2020, il espère ravir Nantes aux socialistes, au pouvoir depuis près de quatre décennies.

"A Nantes, l'électorat de droite était un peu en déshérence. C'est donc assez logique qu'il y ait un processus de remobilisation, que ça suscite une espérance", analyse Arnauld Leclerc, professeur de sciences politiques à l'université de Nantes.

L'ex-député macroniste Mounir Belhamiti, qui a récolté dimanche 8,12% des voix, n'a pas donné de consigne de vote. 

Au marché des Haubans, dans le quartier populaire de Malakoff, le candidat promet aux habitants sécurité et entretien des logements sociaux. 

Dans le bureau de vote voisin, Johanna Rolland a récolté 40,6% des voix, contre 22,9% pour l'alliance droite-centre. L'absention a atteint les 67%.

"Je parle à tous les Nantais, je ne m'adresse pas à un quartier, à une religion (...) La gauche n'a pas le monopole du vote" à Malakoff, dit Foulques Chombart de Lauwe, qui veut convaincre les abstentionistes.