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Musée de Picardie : d’importants rendez-vous en 2026

Le Musée de Picardie à Amiens a dévoilé sa programmation mercredi 21 janvier pour l’année 2026. Outre le lancement d’une troisième campagne de financement participatif, celle-ci sera marquée par des expositions exceptionnelles.

Pierre Stépanoff, Agathe Agerschmidt-Séguin et Maya Derrien. © Aletheia Press / D. La Phung
Pierre Stépanoff, Agathe Agerschmidt-Séguin et Maya Derrien. © Aletheia Press / D. La Phung

Entre le lancement de campagnes de financement participatif, le développement d’une véritable politique d’acquisition, l’organisation d’expositions temporaires remarquées et la croissance régulière de sa fréquentation, le Musée de Picardie connaît depuis quelques années une nouvelle dynamique. Une stratégie audacieuse mais payante, qui se traduit notamment par une visibilité croissante, y compris à l’international. Un écho favorable que l’institution amiénoise entend amplifier en 2026 à travers des expositions exceptionnelles consacrées entre autres à sa collection égyptienne ou à 170 dessins des XVIIe et XVIIIe siècles prêtés par des collectionneurs privés.

L’Égypte à l’honneur

Après la présentation exceptionnelle de la momie Setjaimengaou en 2023, le musée poursuit en 2026 la mise en lumière de ses collections égyptiennes. Ainsi, l’exposition temporaire «Collections inédites et objets révélés : l’Égypte se transforme au Musée de Picardie» ouvrira à partir du 11 avril. «Cela fait 5 ans que nous travaillons sur ce sujet. Une égyptologue nous accompagne depuis 2 ans pour porter un nouveau regard sur ce fonds, qui est le plus important des Hauts-de-France», explique Agathe Agerschmidt-Séguin, conservatrice chargée des collections antiques et d’archéologie.

Soixante objets issus des réserves ainsi que 31 pièces prêtées par le Louvre seront exposés. «Cet événement n’est qu’une étape d’un projet bien plus large, qui concerne la réorganisation et l’enrichissement des collections archéologiques», ajoute-t-elle, rappelant que le rez-de-chaussée n’a pas été réaménagé et que peu de choses ont évolué depuis la fin des années 1980.

Cet été, un premier rendez-vous autour de Toutankhamon sera également proposé. En écho, l’exposition temporaire «Égypte éternelle, photographies de FLORE», sera présentée. Photographe installée à Roye, l’artiste FLORE a passé une partie de son enfance en Égypte. «Elle est allée chercher ses souvenirs d’enfance. Elle ne les a pas tous retrouvés, mais elle a su capturer une certaine ambiance», observe Maya Derrien, conservatrice chargée des arts modernes et contemporains.

Donner à voir

Du 27 juin au 27 septembre, le Musée de Picardie organisera l’exposition temporaire «Poussin, Watteau, Fragonard, David : dessins français de collections privées». À cette occasion, 170 dessins seront visibles. «La majorité n’a jamais été montrée au public», souligne Pierre Stépanoff, directeur des musées d’Amiens et conservateur en charge des œuvres, de la Renaissance à 1914. «Cette exposition sera aussi l’occasion de révéler plusieurs pièces de notre propre fonds de dessins, dont l’Autoportrait au jabot de dentelle de Maurice Quentin de La Tour, chef-d’œuvre absolu de l’art du pastel, qui n’a pas été exposé depuis très longtemps», précise-t-il.

À partir de la fin de l’année 2026, l’institution poursuivra son travail de raccrochage des collections permanentes. 150 œuvres sortiront ainsi des réserves. «Le musée compte environ 70 000 œuvres, dont 3 000 sont exposées, ce qui constitue un ratio assez classique. Notre objectif est toutefois d’augmenter progressivement ce chiffre afin de donner à voir toute l’étendue de la richesse du Musée de Picardie», conclut-il.

Une nouvelle campagne de financement participatif

Le 6 février prochain, le Musée de Picardie lancera sa 3e campagne de financement participatif. Les deux précédentes, qui ont contribué à l’acquisition de la Broderie des Ursulines et à la restauration des Mères maudissant la guerre de Gabriel Ferrier – œuvre qui devrait être raccrochée dès le 6 février – ont rencontré un véritable succès, permettant de réunir respectivement 45 000 et 65 000 euros.
«Nous ne savions absolument pas si le public allait s’emparer de cette initiative ; cela a dépassé nos espérances», confie Pierre Stépanoff, qui souligne que des entreprises locales ont rejoint le mouvement dès la seconde opération. Cette fois-ci, le musée amiénois propose de participer au financement de la restauration de 26 tableaux réalisés par Charles-Philippe Larivière.
Récompensé par le Grand Prix de Rome, le beau-père d’Albert Maignan fait partie des peintres ayant marqué le XIXe siècle. «L’objectif est de réunir 50 000 euros. Les dons pourront être effectués sur la plateforme Ulule ou par chèque adressé aux Amis du Musée», indique-t-il. Les mécènes pourront sélectionner leur œuvre favorite et suivre l’avancée de sa restauration au fil des mois.