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Narcotrafic: Macron demande de nouvelles mesures pour les douanes et les Antilles

"Plan douanes massif" dans les ports et aéroports, mobilisation accrue aux Antilles, campagne de sensibilisation: Emmanuel Macron a demandé jeudi au gouvernement de "muscler" la lutte contre le narcotrafic, enjeu...

Le président de la République Emmanuel Macron le 29 janvier 2026, à l'Elysée © Ludovic MARIN
Le président de la République Emmanuel Macron le 29 janvier 2026, à l'Elysée © Ludovic MARIN

"Plan douanes massif" dans les ports et aéroports, mobilisation accrue aux Antilles, campagne de sensibilisation: Emmanuel Macron a demandé jeudi au gouvernement de "muscler" la lutte contre le narcotrafic, enjeu majeur à quelques semaines des municipales.

Lors d'une réunion autour du chef de l'Etat, le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs membres du gouvernement ont fait le point sur les décisions prises depuis novembre et sur de "nouvelles mesures" voulues par le président, a dit son entourage à des journalistes.

Emmanuel Macron a demandé "un plan douanes massif" pour "muscler notre action dans la lutte contre le narcotrafic dans les ports et les aéroports", estimant qu'il fallait "changer d'échelle". Sébastien Lecornu et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin doivent "rendre ce plan dans un mois", a rapporté la présidence.

Les autorités ont constaté que les opérations contre les mules, ces personnes chargées d'acheminer la drogue, particulièrement sur les avions au départ de Guyane, avaient eu un vrai succès, mais ont aussi comme conséquences de déporter le trafic via d'autres plateformes aéroportuaires ou dans les bagages et le frêt des avions.

Il s'agit donc notamment d'investir dans des scanners de "façon massive" afin que les contrôles ne se concentrent pas uniquement sur les passagers.

Emmanuel Macron a aussi demandé des "opérations coup de poing" dès "les prochains jours" dans plusieurs aéroports, y compris en métropole, a ajouté l'Elysée.

Après Marseille, les Antilles

Il a par ailleurs estimé que "la mobilisation devait être totale et beaucoup plus massive" dans les Antilles, où il se rendra "dans les prochains mois" pour faire le point.

A l'instar de ce qui est fait à Marseille, il a demandé des "moyens humains, techniques et interministériels qui soient à la hauteur" du nombre élevé des "narchomicides" de l'année 2025, notamment à Fort-de-France en Martinique, a ajouté la présidence. 

Il a dit attendre "sous un mois" des "propositions", avec notamment un "plan d'urgence sur les quatre îles de la zone avec une coopération régionale intensifiée immédiatement" avec les partenaires d'Amérique du Nord et du Sud, selon la même source.

Enfin, le chef de l'Etat a réclamé une "campagne de sensibilisation" sur "les ravages de la consommation" d'ici la fin du premier trimestre, a dit son entourage.

Il avait annoncé en décembre le doublement de l'amende forfaitaire pour la consommation de stupéfiants, et d'autres mesures sur le sujet sont attendues dans le prochain projet de loi sur la sécurité du quotidien.

Il faut "rediaboliser" les drogues dites "récréatives", a-t-on fait valoir à l'Elysée.

S'agissant des mesures actées fin 2025, en matière de coopération avec des pays étrangers, le président a dit vouloir des "résultats" avec des "auteurs d'assassinats" impliqués dans les cartels de drogue "qui puissent être localisés et neutralisés judiciairement pour qu'ils puissent arrêter de donner leurs ordres de trafic, voire d'assassinats commandités depuis l'étranger sur le territoire national".

Pour alléger la charge de juridictions nationales "embolisées" par les dossiers liés au narcotrafic, des dispositions ont été identifiées et seront intégrées au prochain projet de loi du ministre de la Justice Gérald Darmanin.

Outre M. Darmanin et Mme de Montchalin, les ministres Laurent Nuñez (Intérieur), Stéphanie Rist (Santé), Naïma Moutchou (Outre-mer) étaient présents, et celui des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot représenté.

Il s'agissait de la troisième réunion de ce type depuis celle du 18 novembre convoquée quelques jours après l'assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, jeune frère d'un militant écologiste, Amine, engagé dans la lutte contre le narcotrafic et candidat sur la liste du maire sortant de gauche, Benoît Payan, à Marseille.

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