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Paris: Lucie Castets tête de liste de la gauche dans le 12e, la maire écologiste sortante écartée

A deux jours de la clôture des listes, l'ex-candidate de la gauche à Matignon Lucie Castets est appelée à la rescousse par le camp d'Emmanuel Grégoire pour remplacer la maire écologiste du 12e...
Lucie Castets (c), ex-candidate de la gauche à Matignon, lors d'une réunion de la Gauche unie à Paris, le 14 janvier 2026 © Martin LELIEVRE

Lucie Castets (c), ex-candidate de la gauche à Matignon, lors d'une réunion de la Gauche unie à Paris, le 14 janvier 2026 © Martin LELIEVRE

A deux jours de la clôture des listes, l'ex-candidate de la gauche à Matignon Lucie Castets est appelée à la rescousse par le camp d'Emmanuel Grégoire pour remplacer la maire écologiste du 12e, écartée pour soupçon de management toxique. 

"Lucie Castets a accepté de reprendre la place de la maire du 12e arrondissement Emmanuelle Pierre-Marie", a indiqué mardi à l'AFP l'équipe de campagne d'Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, confirmant une information du Nouvel Obs.

La situation n'était plus tenable pour l'élue écologiste, épinglée il y a une semaine par Mediapart, qui révélait une mairie devenue une "cocotte-minute, minée par la souffrance au travail et les départs". 

Au total, seize départs ont eu lieu au sein de son cabinet en moins de cinq ans, selon son ex-directeur de la communication Maël Coutand, qui évoque également quatre directeurs de cabinet et quatre chefs de cabinet différents.

De son côté, l'édile mettait en cause le Parti socialiste parisien, qui n'aurait pas digéré d'abandonner une mairie aux écologistes, l'accusant de lui avoir fait vivre un enfer.

Interrogé par l'AFP, Emmanuel Grégoire dit réaffirmer "que le droit du travail et le bien-être de celles et ceux qui s’engagent pour porter et mettre en oeuvre nos politiques publiques seront toujours des intangibles".  

Lors de la désignation de sa liste jeudi, il expliquait pourtant que Mme Pierre-Marie avait toute sa confiance, disant n'avoir "rien vu qui puisse motiver une procédure pénale".

C'était sans compter l'interpellation sur les réseaux de collaborateurs se disant victimes de harcèlement, et les tirs à boulets rouges de la droite. "La maire du 12e fait du management toxique soutenue par Emmanuel Grégoire et David Belliard", postait vendredi le compte Dati2026 avec des mots en majuscule et en rouge.

Mardi sur Instagram, Mme Pierre-Marie a finalement annoncé sa décision "difficile" de retirer sa candidature de la liste parisienne et de celle du 12e arrondissement, "les conditions pour mener une campagne sereine et tournée vers les habitants n'étant plus réunies". 

Parachutée

Dimanche, l'élue avait d'abord indiqué qu'elle entendait "la souffrance des personnes qui témoignent", et leur présentait "sincèrement [ses] excuses".

"Jamais mon intention ne fut de blesser quiconque, ni de mettre en difficulté les membres de mon équipe", ajoutait-elle.

Selon un porte-parole parisien des écologistes, l'inspection générale de la Ville a été saisie sur le cas de l'édile, de même que la cellule interne d'écoute et d'orientation des écologistes.

Lucie Castets, "apparentée écologiste" pour cette campagne municipale, porte l'union de la gauche au niveau national et, à titre personnel, ne ferme pas la porte à LFI à Paris. 

Elle remplace également Emmanuelle Pierre-Marie sur la liste centrale, où cette dernière figurait en 8e position.

"Cette désignation m’honore et m’oblige", a indiqué Mme Castets à l'AFP, qui réside dans le 20e arrondissement. "Nous allons construire ensemble un mandat marqué par l’excellence de nos services publics, par l’ambition sociale et écologique, la confiance et l’exemplarité", a ajouté l'ex-directrice financière de la Ville, âgée de 38 ans.

Aussitôt annoncé, le changement de pied du camp Grégoire a provoqué les foudres de la droite.

"Lucie Castets, jusqu'alors totalement étrangère au 12e arrondissement, a été parachutée. Ce choix constitue un désavoeu pour l'équipe municipale en place", a réagi dans un communiqué Valérie Montandon, tête de liste dans l'arrondissement pour Rachida Dati.

"C'est confirmé: le candidat socialiste a décidé de couler définitivement les finances de la Ville", a fustigé David Alphand, conseiller de Paris proche de Rachida Dati.

Cette décision intervient à moins de trois semaines du premier tour, alors qu'Emmanuel Grégoire est donné à 32% dans un sondage Ifop dimanche, stable mais talonné par Rachida Dati (30%). 

Cette dernière l'emporterait au second dans quatre des cinq configurations envisagées.

"Paris n'est pas +à l'abri+. La vague brune, qui pouvait sembler lointaine, peut toucher Paris", a posté M. Grégoire mardi sur X, faisant référence à une alliance de second tour, possible selon lui, entre l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo et Mme Dati.

hdu/mat/dch