En 2025, près de sept millions d’euros de fraudes ont été détectés dans le département de la Somme. 3 426 938 millions d'euros sont des fraudes détectées et 3 452 946 millions d'euros représentent des fraudes évitées. Ce préjudice évité est en forte augmentation par rapport à l’année 2024 (+ 36%) du fait, notamment, des contrôles a priori mis en place par la Caisse Primaire pour empêcher des paiements indus. «En effet, nous avons déployé des actions de contrôle visant à intervenir le plus en amont possible, avant le paiement des prestations. Tous les publics sont concernés : assurés, professionnels, établissements. Les fraudes les plus fréquentes en 2025 sur le versant assurés, c'est le trafic de médicaments, la fraude aux indemnités journalières avec de faux arrêts de travail par exemple ou les fausse déclarations de ressources ou de composition du foyer dans le but de bénéficier de prestations», détaille Marie-Gabrielle Dubreuil, directrice de la CPAM de la Somme.
Sur le versant des professionnels de santé, les fraudes sont surtout des facturation d’actes fictifs, des surfacturations ou des actes multiples injustifiés, mais aussi des pratiques frauduleuses dans le cadre du dispositif 100% santé. Concernant les professionnels de santé, les catégories mises en cause sont nombreuses notamment des infirmiers, fournisseurs d’appareillage (audioprothésistes), taxis, transporteurs sanitaires, pharmaciens.
Renforcer les moyens
«Bien que le montant des fraudes liées à des professionnels de santé soit significatif, il convient de noter que le nombre de professionnels de santé impliqués dans des démarches frauduleuses représentent une très faible proportion», tient à souligner la directrice. Les exemples de «professionnalisation» de la fraude sont nombreux, cela va de la falsification de documents et de prescriptions à l'usurpation d’identité en passant par des sites proposant des faux arrêts de travail, des demandes de conventionnement avec des sociétés fictives, de la facturation d’actes fictifs en masse ou encore des réseaux de trafics de médicaments, de la fraude aux RIB. «Nous avons dû renforcer significativement notre dispositif. Cela passe par une analyse des bases de données de l’Assurance Maladie par des statisticiens, et un déploiement d’outils et de procédures spécifiques. La CPAM de la Somme a obtenu pour 35 % de ses dossiers, un cumul de sanctions visant à sanctionner lourdement les fraudeurs», ajoute Séverine Veillard, directrice comptable et financière de la CPAM de la Somme qui aussi dû développer ses partenariats externes, notamment avec les services de justice et les conseils de l’ordre pour des sanctions coordonnées et rapides.
«Le maître mot de la lutte contre les fraudes, c'est la collaboration avec tous les acteurs qui sont intéressés par cette lutte.Tous ceux qui ne respectent pas les règles portent atteinte au système de santé, au pacte social, explique Véronique Parent, procureure chargée du pôle commercial, économique et financier. J'aimerais muscler notre action face à une délinquance de plus en plus véloce, et qui, à mon sens, profite de notre manque d'organisation au niveau national. Car ce qu'on a mis en place dans la Somme n'existe pas partout mais cela commence à se développer».