"Le 1er-Mai, tout le monde, j'espère, va vouloir aller acheter sa baguette". Avenue du Point du Jour à Lyon, Gabriel Attal visite une boulangerie, puis une deuxième. Le patron de Renaissance, candidat du "travail", poursuit ses déplacements en vue de l'élection présidentielle.
Après une séance de dédicace de son livre à Biarritz, suivi d'une visite à la foire au jambon de Bayonne ce week-end, l'ancien Premier ministre s'est rendu mardi dans le Rhône avec un programme fourni: visite d'un collège à Saint-Symphorien d'Ozon, échange avec des acteurs économiques, inauguration d'une salle Samuel-Paty au lycée Branly, déambulation chez des commerçants, dédicace dans une librairie de la Place Bellecour, meeting au théâtre Comédie Odéon...
L'ancien Premier ministre est d'abord accueilli en vedette au collège Jacques-Prévert. Dans la cour de récréation, les élèves se ruent pour un selfie ou un autographe sur leur carnet de correspondance.
En chorale, des élèves ont appris la Marseillaise, qu'ils entonnent, y compris le 6e couplet et son "liberté, liberté chérie". De quoi ravir le probable candidat à la présidentielle, qui explique considérer la liberté comme "la valeur la plus importante" de la devise républicaine.
Dans la salle des profs, une enseignante l'alerte sur la "difficulté d'enseigner" en raison de la "très grande hétérogénéité de nos classes". Elle dit avoir constaté "comment les élèves s'impliquent d'avantage" lorsqu'ils sont "en demi-groupes".
Les groupes de niveau, qu'il avait annoncé depuis le ministère de l’Éducation nationale, ont été détricotés par Élisabeth Borne. "Il y a eu beaucoup d'idéologie dans le choix de revenir dessus", estime Gabriel Attal.
La conversation s'engage avec des élèves de troisième réunis pour une table-ronde. "Quand vous vous présenterez en tant que président...", essaie l'un d'entre eux. "Pas de politique" aujourd'hui mais "je travaille pour faire un programme" qui placera "l'école, l'éducation au cœur de tout", répond le pas encore tout à fait candidat, qui évoque aussi "un grand plan" pour l'enseignement culturel et artistique.
Pour une "vraie campagne
La discussion tourne essentiellement autour de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, cheval de bataille de Renaissance à l'Assemblée. Mais comment la faire respecter?, demande un élève. Sur la route, il y a des interdictions, "tout le monde ne respecte pas totalement les limitations de vitesse mais globalement, la vitesse, elle a baissé", rétorque M. Attal.
A quelques centaines de mètres, le député Jean-Luc Fugit a concocté une assemblée de dirigeants d'entreprises et d'acteurs économiques. Pendant une heure d'échange, tous les sujets y passent: l'obligation d'activité pour percevoir le RSA, dont l'application partielle a donné "de vrais résultats en termes de retour à l'emploi". La réforme souhaitée de l'assurance-chômage dont "aucun Premier ministre ne s'est emparé depuis la dissolution". Ou encore le logement et l'immobilier, "un échec du macronisme".
Direction le lycée Branly pour l'inauguration d'une salle Samuel-Paty, en présence d'un enseignant ami du professeur assassiné, Christophe Capuano, qui témoigne devant des élèves et plaide pour la panthéonisation de son collègue. Gabriel Attal promet d'apporter son soutien à cette démarche.
Dans l'après-midi, la déambulation, dans le 5e arrondissement du nouveau maire Renaissance Thomas Rudigoz, a été écourtée par la pluie. Mais Gabriel Attal a eu le temps de visiter deux boulangeries, où sa proposition de loi visant à élargir le travail le 1er-Mai a rencontré un écho certain. Dans la semaine, il a dit regretter que le gouvernement ait cédé face à la gauche et aux syndicats.
"On voit bien que la situation est bloquée au Parlement, qu'elle est bloquée au gouvernement. Peut-être que cette situation de blocage donnera à la France la vraie campagne présidentielle qu'elle mérite, une vraie campagne pendant un an, avec des projets différents qui se confrontent. En 2022, il n'y a pas eu de campagne et on a vu le résultat", explique-t-il à l'AFP.
Étape incontournable: la dédicace de son livre à la librairie Decitre, qui a attiré plusieurs centaines de personnes, avant une "Nuit de la nouvelle République", un meeting sur le modèle de celui tenu récemment à Paris.
Mais cette fois, sans animation par intelligence artificielle. Avec deux thèmes au débat: la démocratie, et "faut-il aligner l'éducation sur l'économie". Gabriel Attal en prévoit d'autres, à Bordeaux et Strasbourg, puis un grand meeting parisien le 30 mai. Avant ou après sa déclaration de candidature.