En bref

Présidentielle: Attal cherche la lumière, Philippe dans l'ombre

Gabriel Attal, pas encore officiellement candidat, qui multiplie les dédicaces et les réunions publiques, Édouard Philippe, candidat déclaré qui amorce discrètement son entrée en lice: la pré-campagne présidentielle offre une opposition de style au sein du bloc central, avant un...
Le maire du Havre (Horizons), Edouard Philippe, à Paris le 11 avril 2026 © Ian LANGSDON

Le maire du Havre (Horizons), Edouard Philippe, à Paris le 11 avril 2026 © Ian LANGSDON

Gabriel Attal, pas encore officiellement candidat, qui multiplie les dédicaces et les réunions publiques, Édouard Philippe, candidat déclaré qui amorce discrètement son entrée en lice: la pré-campagne présidentielle offre une opposition de style au sein du bloc central, avant un "rassemblement" envisagé dans la dernière ligne droite de l'élection.

Philippe accélère lentement

Après la Bretagne mi-avril, Édouard Philippe est en déplacement à Toulouse mercredi. Entre visite d'entreprises et échange avec des associations, il rencontrera le maire (divers droite) réélu de la Ville rose, Jean-Luc Moudenc, et des élus locaux.

Réélu au Havre en mars, le président d'Horizons n'a pas souhaité se lancer immédiatement dans une campagne tous azimuts. Un meeting envisagé mi-avril a été remisé. Le programme "massif" que M. Philippe avait annoncé présenter "après les municipales" attendra. Dans un entretien à La Dépêche du Midi, l'ancien Premier ministre rappelle les idées déjà mises dans l'atmosphère depuis trois ans: dénonciation des accords de 1968 avec l'Algérie, "état d'urgence" face au narcotrafic, baisse de 50 milliards d'euros des impôts de production compensée par la suppression d'un montant équivalent d'aides aux entreprises...

Rien de plus pour le moment. "Ce qui nous différencie d'un certains nombre de partis, c'est qu'on fait des propositions. On n'attend pas plus tard en disant +vous verrez, on vous présentera un super programme, très important, très puissant...+ On fait au quotidien, en continu, des propositions", a expliqué Gabriel Attal mardi soir à Bordeaux.

"Édouard Philippe est dans une forme de confort. Mais il est comme ça, et ses équipes aussi. Mais cette posture, de ne rien annoncer tout en restant haut dans les sondages, ne pourra pas durer éternellement", juge un soutien de Gabriel Attal.

Le président d'Horizons réunit ses cadres dimanche à Reims. Il devrait à cette occasion donner les contours de son dispositif de campagne. Et confirmer un meeting envisagé début juillet à Paris.

"J’ai l’ambition, dans cette campagne, d’être moi-même. Donc de ne pas me positionner par rapport aux autres. (...) Une campagne présidentielle ça a un rythme, c’est long. Avant de proposer des choses, y compris difficiles, ça vaut le coup d’écouter, de réfléchir, de suggérer, confronter, travailler, polir. C’est un travail qui se fait sérieusement", a-t-il expliqué depuis la place du Capitole.

Attal, l'offensive du printemps

Gabriel Attal, lui, ne tient pas en place. La publication de son livre ("En homme libre", L'Observatoire) donne lieu à de nombreuses séances de dédicaces à Paris, Biarritz, Lyon, Deauville, Bordeaux, bientôt Aix-en-Provence, en Bretagne, à Strasbourg, Lille...

"Les séances de dédicace d'un bouquin, on a connu avec Sarko. Cela vous permet de vérifier votre fan base, mais cela ne fait pas des électeurs", estime un soutien d’Édouard Philippe.

L'ancien Premier ministre en profite pour tenir des réunions publiques baptisées "Nuit de la Nouvelle République": après Paris, Lyon et Bordeaux mardi, la prochaine aura lieu le 20 mai à Strasbourg, avant un grand meeting annoncé le 30 mai à Paris.

Le député des Hauts-de-Seine distille de bruyantes initiatives parlementaires -1er-Mai, collectivité unique d'Alsace...- et des propositions, comme la suppression du plafond de 220 heures supplémentaires annuelles et la réécriture complète d'un "nouveau Code du travail". "Dans les semaines qui viennent on présentera nos mesures en matière d'éducation, de santé, d'organisation territoriale et d'institutions", a-t-il indiqué mardi.

"Il grille beaucoup de cartouches. Il faut qu'il y ait un effet avant l'été. Sinon...", observe un cadre Horizons.

Sa candidature à l’Élysée ne fait guère de doute. Un Conseil national de Renaissance se réunira le 12 mai pour en entériner les modalités: désignation directe ou primaire interne. Mais ce sera sans Élisabeth Borne, présidente de cette instance, qui en a claqué la porte mercredi matin. Posant la question du soutien réel des principales figures de Renaissance.

"Je ne me vis pas du tout comme le gardien d’un temple" macroniste, répond Gabriel Attal. "Tout a changé dans le défi que doit relever le pays et dans le monde par rapport à 2017 et même à 2022". "J’ai une démarche qui est objectivement assez systémique, assez radicale, j’assume de bousculer sur un certain nombre de sujets. Donc c’est normal qu’il y ait des gens qui ne se retrouvent pas dans la démarche qui est la mienne."