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Présidentielle: Retailleau (LR) veut "boucler" les quartiers du narcotrafic

Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a présenté jeudi son plan "d'urgence anti-trafics" qui prévoit de boucler 24 heures sur 24 les quartiers "gangrénés par le trafic de drogue" pour faire...
Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau s'adresse à la presse lors d'une visite dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre, le 23 aril 2026 dans les Hauts-de-Seine © STEPHANE DE SAKUTIN

Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau s'adresse à la presse lors d'une visite dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre, le 23 aril 2026 dans les Hauts-de-Seine © STEPHANE DE SAKUTIN

Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a présenté jeudi son plan "d'urgence anti-trafics" qui prévoit de boucler 24 heures sur 24 les quartiers "gangrénés par le trafic de drogue" pour faire face "à la submersion de poudre blanche".

"Il faut absolument réagir parce que c'est une menace pour notre Etat", a affirmé l'ancien ministre de l'Intérieur lors d'une visite dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre, où s'est produite une bagarre entre dealers dans une école en décembre. 

Pour ce premier déplacement après sa désignation dimanche comme candidat à l'Elysée par les adhérents LR, Bruno Retailleau a choisi un thème régalien: la lutte contre le narcotrafic qui a été renforcée par une loi l'an dernier lorsqu'il se trouvait à Beauvau. 

Le patron de LR entend la compléter avec un dispositif qui lui permettra d'établir "un état d'urgence anti-trafics", tout en précisant qu'il réformera la Constitution pour que ses mesures soient applicables. 

"C'est une réponse très résolue qui fera partie de mon projet présidentiel", a-t-il expliqué à la presse aux côtés des parlementaires LR Roger Karoutchi et Philippe Juvin, ainsi que Hélène Matouk, candidate malheureuse de son parti aux récentes municipales.

Cet "état d'urgence" se décline en trois volets: le premier - le judiciaire - prévoit d'allonger "la durée de détention provisoire (pour) taper l'économie de la drogue" ou encore des sanctions "beaucoup plus fermes" pour les mineurs afin de "frapper dès les premiers délits ces jeunes avec des courtes peines".

Le second levier concerne "l'occupation du terrain" par les forces de l'ordre. Le candidat LR propose notamment de "boucler 24h/24" les quartiers touchés par le trafic de drogue pour en contrôler "les entrées et les sorties". 

Il n'écarte d'ailleurs pas de mobiliser dans cette mission des "véhicules blindés de la gendarmerie nationale" comme le Centaure.

Ce verrouillage, qui permettrait aussi de couper les télécommunications, concernerait entre 50 et 60 quartiers "qui sont dans une situation où j'estime qu'ils échappent désormais à la loi de la République", a souligné le candidat, précisant que d'autres pourraient être ajoutés selon les critères retenus.  

Enfin, le plan d'urgence donnerait aussi des "outils administratifs" afin notamment de taper au portefeuille" des narcotrafiquants.

Après les déclarations de Bruno Retailleau, Horizons, le parti d'Edouard Philippe, l'a remercié ironiquement sur les réseaux sociaux pour "son soutien à la proposition" de son rival à la présidentielle, joignant un extrait du 8 décembre où le maire du Havre proposait sur LCI un "état d'urgence narco". 

Pour sa part, l'eurodéputée LFI Manon Aubry a qualifié de "ridicules" les propositions du patron de LR. "Ces opérations existent déjà depuis des années et cela depuis que Nicolas Sarkozy a supprimé la police de proximité", a-t-elle déploré.   

arz/jmt/ale