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Industrie

Recyclage plastique : l'usine Eastman à Port-Jérôme-sur-Seine validée par le Conseil d'État

Le projet d’usine de recyclage moléculaire porté par Eastman à Port-Jérôme-sur-Seine vient de franchir un cap juridique décisif. En février 2026, le Conseil d'État a rejeté les recours d'associations écologistes, confirmant le statut de « projet d'intérêt national majeur » pour cet investissement d'un milliard d'euros.

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L’institution judiciaire a validé le cadre d’autorisation de la future unité normande. Ce statut de projet d’intérêt national majeur facilite les procédures administratives et confirme l'importance du site pour la souveraineté industrielle française. L'usine, qui devrait traiter jusqu'à 240 000 tonnes de déchets polyesters par an, vise à transformer des plastiques aujourd'hui non recyclables en matériaux de qualité vierge.

Au niveau départemental et régional, l’installation d’Eastman pourrait dynamiser les activités liées à l’ingénierie, la logistique et les services industriels autour du port et de la vallée de la Seine. Sur le plan national, ce projet s’inscrit dans une logique de diversification des flux industriels, en complément des filières traditionnelles de recyclage. Les retombées attendues incluent des effets d’entraînement sur l’emploi local, avec environ 350 postes directs et 1 500 indirects, tout en posant des questions sur la compétitivité et les coûts de production à long terme.

Pivot de la stratégie carbone et défis techniques

Ce projet s’aligne sur les objectifs européens de décarbonation. Toutefois, il illustre le dilemme entre ambition industrielle et prudence environnementale. Les associations, comme Zero Waste France et Notre Affaire à Tous, pointent des incertitudes techniques et des risques sanitaires, exigeant une vigilance accrue sur les procédés chimiques utilisés.

Les autorités devront désormais garantir la traçabilité des matières et la réduction des risques pour que le projet respecte les objectifs climatiques. Dans ce contexte, Port-Jérôme-sur-Seine pourrait devenir un laboratoire national pour l’évaluation coût-bénéfice du recyclage chimique. Le démarrage de l'usine, initialement prévu plus tôt, est désormais attendu pour le courant de l'année 2026.