Décryptage

«Rouen à table!» : la gastronomie, nouvel ingrédient de l'attractivité

À l’aube de la 3e édition de «Rouen à table !», La Gazette s’est penchée sur les coulisses économiques d’un événement qui entend faire de la gastronomie un levier d’attractivité pour le territoire.

«On veut du monde, on veut du commerce qui marche (...), on veut des touristes», lance Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen. Seule ville française à détenir le label «Ville créative» de l’Unesco pour sa gastronomie, Rouen met les petits plats dans les grands pour la 3e édition de «Rouen à table !». Dîners du Club des Toques, ateliers, Disco Soupe et Grands petits déjeuners rythmeront la semaine dès le 7 octobre, avant l'incontournable Fête du Ventre, les 10 et 11 octobre.

Soutenir l'économie locale

Au-delà du «bien manger», l’ambition est économique : affirmer l’identité du territoire et développer son attractivité en faisant de Rouen «une place de l’art de vivre». «Le but, c’est évidemment d’inciter à consommer local et de mettre en lumière nos commerces», explique Hélène Michot, adjointe à l’économie et au commerce. 

Pour près de 90 % des exposants, la Fête du Ventre génère le plus gros chiffre d’affaires de l’année. «C’est un apport de trésorerie qui a permis à certains de passer un cap difficile voire de sauver leur entreprise», rapporte Fabrice Antoncic, le président des Vitrines de Rouen. Reposant majoritairement sur la location des stands aux producteurs normands, la manifestation réunira cette année 177 exposants, un record, après avoir attiré 135 000 visiteurs l’an dernier.

Co-organisée par la Métropole Rouen Normandie, la Ville, les Vitrines de Rouen et Rouen Tourisme, la 3e édition de «Rouen à Table !» s’appuie sur le concours de nombreux mécènes. «C’est un événement dont le coût est vraiment maîtrisé avec un très haut niveau de partenariat», souligne Delphine Crocq, la directrice de Rouen Tourisme.

«Il faut susciter des vocations»

L’événement doit aussi asseoir Rouen comme destination gastronomique. Les premiers indicateurs du cru 2026 sont encourageants : «Les dîners à quatre mains que proposent certains hôtels ont engendré une hausse des réservations de repas et de chambres, constate Delphine Crocq. Nous avons dû augmenter les quotas attribués.» Mais pour l’heure, les retombées économiques des premières éditions de «Rouen à table !» restent difficiles à quantifier. Pour y remédier, la métropole met actuellement sur pied un observatoire du tourisme, indique le président de Rouen Tourisme, Matthieu de Montchalin. Les premiers résultats sont attendus pour début 2027.

Dans un secteur sous tension, attirer vers les métiers de l’hôtellerie et de la restauration constitue un autre enjeu. «Il faut susciter des vocations. Et c'est par cette valeur d'exemple, par cette exigence qu'on peut arriver à faire rêver les jeunes», martèle Delphine Crocq. «Tout ça ne serait pas viable si nous n’avions pas cette notion de transmission dans nos métiers», abonde le MOF Christophe Cressent, parrain de cette édition. Plusieurs masterclass sont ainsi organisées en amont et pendant l’événement, en partenariat avec les écoles et centres de formation du territoire.