Rouen : les très petites entreprises au cœur des immatriculations et des défaillances en 2025
En 2025, le tribunal de commerce de Rouen enregistre une hausse des immatriculations et des procédures collectives, touchant surtout les très petites entreprises.
Après l’installation de huit nouveaux juges, le président du tribunal de commerce de Rouen, Louis-Jacques Urvoas, a présenté, mercredi 21 janvier, le bilan de l’année 2025. Le greffe a procédé à l’immatriculation de 2 141 personnes physiques, «à plus de 95 % des micro-entreprises», précise-t-il, soit une hausse de 15% par rapport à 2024. Parallèlement, 1 949 sociétés commerciales ont été immatriculées, un niveau stable sur un an.
En matière de contentieux, 339 jugements ont été rendus, dont 192 décisions statuant sur le fond, un volume comparable à celui de l’année précédente. La durée moyenne des procédures s’est établie à 5,6 mois, un délai jugé satisfaisant et identique à celui observé en 2024.
Des procédures collectives en progression
Le tribunal de commerce a ouvert 670 procédures collectives en 2025, soit une hausse de 6% sur un an, «qui doit s’analyser en deux composantes», souligne Louis-Jacques Urvoas.
La première concerne «les ouvertures après cessation de paiement par les entreprises». 380 déclarations ont été enregistrées, en baisse de 6% par rapport à 2024. «Cette baisse, constatée depuis l’été 2025, est la première observée depuis le creux de 2020 et 2021 lié au Covid. Ainsi, malgré un climat économique toujours morose, les défaillances d’entreprises du territoire semblent refluer depuis l’été en concernant principalement les très petites entreprises», observe le président.
La seconde source d’ouverture repose sur «les assignations de créanciers, pour l’essentiel les créanciers fiscaux et sociaux». Leur nombre atteint 302 dossiers, en hausse de 6% sur un an. «Elles concernent pour l’essentiel des entreprises individuelles et des TPE, qui n’ont plus d’activité économique ni de salarié après avoir cessé leur activité pendant les crises successives. Elles débouchent sauf exception sur des liquidations judiciaires, sans impact ni sur l’économie, ni sur l’emploi du territoire.»
Au total, les procédures collectives ont concerné 1 385 salariés en 2025, contre 2 252 l’année précédente. «Alors que 2024 avait connu une accélération des difficultés des PME, voire des ETI, la forte baisse des emplois concernés montre que les difficultés se sont concentrées en 2025 sur les entreprises les plus petites», analyse Louis-Jacques Urvoas.
L’amiable renforcé
Certains secteurs restent particulièrement exposés, au premier rang desquels le commerce et l’hébergement-restauration. «Le commerce demeure lourdement impacté par la faiblesse de la consommation, la concurrence du commerce en ligne et l’évolution des comportements d’achat», note le président, qui cite également le transport, «notamment les entreprises spécialisées dans le dernier kilomètre».
Pour le président du tribunal de commerce de Rouen, la priorité demeure le recours au mode amiable. Sur 352 affaires traitées en 2025, 75 ont été orientées vers cette voie. 41 ont abouti à un protocole d’accord. «Cette montée en puissance de l’amiable s’appuiera notamment sur la formation de nos juges. […] Nous poursuivrons notre effort de mobilisation des dirigeants le plus en amont possible, en nous appuyant sur les procédures amiables pour mieux anticiper les difficultés et prévenir les cessations de paiement», conclut Louis-Jacques Urvoas.