L'heure
est à la réduction de l'emprunte carbone pour le secteur du ciment,
alors même que la demande mondiale est en hausse. Pour continuer à
produire, une méthode verte a été conçue : une solution
d’argile recyclée calcinée bas carbone par NéoCem, dont une
usine vient de voir le jour à Saint-Maximin. Dans l'objectif de
décarboner la secteur de la construction, Oklima, filiale du groupe
EDF spécialisée dans le développement de projets de contribution
carbone, Valloire Habitat (Entreprise Sociale pour l’Habitat) et
NeoCem collaborent pour déployer cette nouvelle solution. «Notre
mission est d'accompagner les entreprises dans leur transition bas
carbone en créant des ponts concrets entre innovation technologique,
besoins sectoriels et impact territorial. Ce projet illustre
parfaitement notre engagement : offrir des solutions décarbonées
accessibles et mesurables qui permettent aux entreprises de passer de
l'intention à l'action»,
note Thomas Bladier, cofondateur et président d’Oklima.
Cette
solution d’argile recyclée calcinée bas carbone développée par
NeoCem, entreprise spécialisée dans la valorisation matière, est
performante : elle permet de réduire de 90% les émissions de
CO2 de la part de clinker substituée – principal responsable des
émissions de CO2 dans le ciment traditionnel – tout en favorisant
les circuits courts et la réduction des déchets. «Une
contribution directe à la décarbonation du secteur de la
construction»,
précisent les partenaires.
Un déploiement prévu
Ce partenariat permet également l’obtention de crédits carbone, commercialisés par Oklima : les financements générés par leur vente soutiennent directement la montée en puissance industrielle du projet et permettra de produire 250 tonnes d’argiles recyclées calcinées, équivalentes à 1000 tonnes de ciment, et 10 000 tonnes de béton. Ainsi, NeoCem vise une capacité nominale de recyclage de 300 000 tonnes d'argiles déblais valorisées par an, pour une production annuelle de 200 000 tonnes
d’argiles
recyclées calcinées. «Avec
une production de ciment appelée à croître de 12 à 23% d’ici
2050, l’impact environnemental du secteur ne cesse de s’aggraver,
explique Christophe Deboffe, fondateur de NeoCem. Les
acteurs doivent accompagner son évolution vers des solutions moins
émissives en gaz à effet de serre. À cette échelle, notre
solution est une première mondiale à forte contribution carbone :
elle est actionnable dès aujourd’hui tout en permettant déjà de
répondre aux objectifs de réduction de ciment fixés par l’Union
Européenne à horizon 2050».
Pour
le déploiement à grande échelle, Valloire Habitat à identifier un
projet aligné avec sa chaîne de valeur pour aider au déploiement
de cette solution. «Conscients
de l’impact de nos activités sur l’environnement, nous agissons
en entreprise responsable et citoyenne, en finançant depuis 2022 des
projets de contribution carbone, dans le cadre d’une ambitieuse
trajectoire de décarbonation, explique Vincent Henneron, directeur
général de Valloire Habitat. Nous nous sommes rapprochés d’Oklima
afin de nous accompagner dans notre démarche d’identification de
projets à impact positif, pérennes, cohérents au regard de nos
enjeux, nos valeurs et notre projet d’entreprise. Nous sommes
aujourd’hui ravis de pouvoir contribuer au développement de la
société NeoCem, pionnière dans son domaine».
Ce
projet s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, en
valorisant les déchets issus des chantiers pour les réintroduire
dans la chaîne de production. Auditée et certifiée par Rainbow
(standard européen) selon le programme international de référence
ICROA (International Carbon Reduction and Offset Alliance), cette
solution permet de réduire l’empreinte carbone des matériaux, de
limiter l’extraction de ressources naturelles et la mise en
décharge.