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Saint-Quentin : Le ministre de la Ville vient renforcer l’action des bailleurs sociaux face à la délinquance

Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a signé ce vendredi 20 février à Saint-Quentin une convention départementale inédite. Adossé à la loi du 13 juin 2025, ce dispositif vise à accélérer les procédures d'expulsion des locataires auteurs de troubles graves, répondant ainsi à une problématique de gestion croissante pour les bailleurs de l'Aisne.

«En 2024, nous avons recensé onze cas de troubles. L’an dernier, ce sont seize cas enregistrés. Et 2026, s’annonce certainement en hausse», constate Freddy Grzeziczak, président de l’OPAL de l’Aisne. Un constat identique chez les bailleurs sociaux Clésence et Partenord. C’est en partant de ces chiffres que les politiques du département de l’Aisne, les forces de l’ordre, les procureurs des tribunaux de Laon, Soissons et Saint-Quentin et les bailleurs sociaux se mobilisent pour «offrir un cadre apaisant et tranquille aux résidents des logements sociaux» depuis plusieurs années. Le département de l’Aisne n’échappe pas à cette délinquance du quotidien. Mais que faire face à des bailleurs sociaux qui se retrouvent très souvent démunis de toute action ? Se tourner vers l’Etat. Ce dernier a décidé de répondre présent en venant au plus près du terrain à travers son ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, en déplacement à Saint-Quentin ce vendredi 20 février.

Avoir un cadre pour agir

Le ministre a signé une convention départementale sur les expulsions locatives rendues possibles par la loi du 13 juin 2025 «visant à sortir la France du piège du narcotrafic», explique-t-il en rappelant les principes du logement social. Lui qui connaît bien les difficultés dans les quartiers pour avoir été maire de l'Haÿ-les-Roses (Île-de-France), a salué les initiatives prises à Saint-Quentin. Avec cette convention, l’Etat rappelle les droits et les devoirs des locataires tout en rappelant que «beaucoup d’entre eux ont le droit à la tranquillité». Et c’est un message fort qui est envoyé aux citoyens et à la délinquance qui gangrène les quartiers. «La question de la sécurité est une priorité des habitants», indique Frédérique Macarez, le maire de Saint-Quentin en précisant qu’il «fallait un cadre. Aujourd’hui avec cette convention, nous avons un cadre». Pour Stéphanie Lescaut, procureur de la République du tribunal de Saint-Quentin, «le sens de cette convention repose sur le lien entre le procureur, les services du parquet et le travail des enquêteurs. Cela va permettre de fluidifier les rapports avec les bailleurs sociaux».

L’Etat reprend son rôle de protecteur

Les bailleurs sociaux ont de grandes difficultés pour expulser les fauteurs de troubles. Des procédures judiciaires longues, des demandes de pièces justificatives à ne plus en finir et des coûts de procédures élevés. «Avec cette convention, les expulsions seront plus rapides, plus faciles», insiste le maire de Saint-Quentin. Les moyens des bailleurs sociaux sont ainsi renforcés. «Le marché de la location est sous tension. Il est de plus en plus difficile de trouver un logement, même hors secteur social. Vous savez à quoi vous attendre si vous êtes expulsé», ajoute Eric Cojon, directeur général chez Partenord Habitat. 

«N’oublions pas les agents des bailleurs sociaux qui sont aussi victimes de menaces et d'agressions», rappelle le ministre Vincent JeanBrun. Pour répondre à la problématique dans le département, l’OPAL a créé, en 2022, une brigade privée sur le département pour assurer que la tranquillité résidentielle soit appliquée. Avec cette convention, l’Etat veut reprendre son rôle de «protecteur» des citoyens. Tous les acteurs y croient. Les locataires attendent des résultats concrets.