Du vissage de bouchons de parfum aux robots industriels, en passant par les équipements scéniques de l’Opéra de Paris : depuis près de quarante ans, Transtechnik cultive une expertise de niche. Implantée à Ahuy, près de Dijon, l’entreprise d’une vingtaine de salariés conçoit et assemble des solutions de motorisation, d’asservissement et de mécatronique pour des industriels de la cosmétique, de l’agroalimentaire, de la pharmacie ou encore de l’automobile. Son métier : associer mécanique, électronique et programmation pour développer des fonctions complètes intégrées aux machines de ses clients.
Depuis son virage vers la mécatronique en 2014, la PME a vu son chiffre d’affaires passer d’environ 3 à 8 millions d’euros. Mais pour poursuivre sa trajectoire, son directeur général Bruno Coupechoux estime nécessaire de franchir un cap. «On a besoin de grandir, de passer un palier et de s’adosser à quelqu’un de plus gros», explique-t-il. Le choix s’est naturellement porté sur KEBA, partenaire de Transtechnik depuis quinze ans. Le groupe technologique autrichien va prendre 100 % du capital de la PME, sous réserve de la finalisation de l’opération.
Dijon appelé à devenir le hub français de KEBA
L’enjeu est notamment commercial. Transtechnik, qui réalise aujourd’hui son activité en France, souhaite profiter de la dimension internationale de KEBA pour approcher de grands constructeurs européens de machines. «Cela va nous apporter de nouveaux moyens et nous permettre de pénétrer de nouveaux marchés, quelquefois difficiles à atteindre pour une PME», souligne Bruno Coupechoux. Les complémentarités sont également technologiques : Transtechnik apporte son savoir-faire en mécatronique et en intégration de solutions, tandis que KEBA doit renforcer ses capacités dans l’automatisation et l’intelligence artificielle.
L’opération devrait aussi se traduire concrètement en Côte-d’Or. Le site d’Ahuy a vocation à devenir le hub français de KEBA et un centre de compétences en mécatronique et automatisation avancée. Trois recrutements d’ingénieurs applications et technico-commerciaux sont déjà prévus à court terme. Si l’entreprise prend la dénomination KEBA France, son identité locale perdurera. «On garde la marque, parce qu’elle est très connue sur le marché français, l’ensemble de l’équipe et le site», insiste Bruno Coupechoux. Les ambitions chiffrées de croissance, elles, attendront la finalisation de l’opération.