Tribunal de commerce d’Arras : les créations d’entreprises en pointe
L’audience solennelle du Tribunal de commerce d’Arras s’est tenue le 16 janvier sous la présidence de Jean-Luc Carbonnier, en présence de Sylvain Barbier Sainte Marie, procureur de la République d’Arras, et des personnalités invitées représentant les autorités politiques, civiles, administratives, judiciaires et universitaires.
Le président a mis en lumière les tendances économiques de l'année écoulée, tout en soulignant quelques initiatives destinées à soutenir les entrepreneurs en difficulté.
Les grandes tendances 2025
Les procédures collectives sont en diminution de 3,1% à 662 pour 683 en 2024. Comme le note Jean-Luc Carbonnier, «ce sont malheureusement beaucoup de petites entreprises qui sont touchées. Faut-il s’attendre à une forte augmentation de procédures collectives en 2026, de par le marasme économique actuel, l’incertitude mondiale et nationale, tant politiquement qu’économiquement ?». Il apparaît que les chefs d’entreprise vont devoir à nouveau s’adapter et assumer assurer la continuité des remboursements des PGE.
Les ordonnances de référés sont passées de 98 à 127 (113 en 2023), soit +30% ; les jugements au fond ont baissé, passant de 392 à 366 (327 en 2023), soit -7%. Les injonctions de payer s’élèvent à 2 079 contre 2 054 en 2024, soit + 1,20% (1 277 en 2019). «C’est malheureusement l’année record pour notre Tribunal, mais c’est aussi le signe que cette procédure fonctionne bien, car simple, rapide et efficace.»
Quant aux mandats ad hoc et conciliations, ils se sont maintenus à 57 comme en 2024, «preuve que les chefs d’entreprise anticipent de plus en plus leurs difficultés. Ils étaient à 8 en 2021.» La création d’entreprises est passée de 5 709 à 6 321, soit + 11%, «preuve du dynamisme du territoire. Le nombre de créations s’élevait à 4 832 en 2023.»
Le nombre d’inscription de privilèges et nantissements est en forte baisse (-16%) passant de 8 742 à 7 314, principalement avec les inscriptions de crédits-baux et contrats de location de matériels. «L’an passé, les inscriptions étaient en augmentation de 26%. N’y a-t-il pas de la part des chefs d’entreprises un report des investissements de par le marasme politique ? »
Synthèse de l’activité de l’association Apesa Arras/Béthune/Lens
Créée en 15 décembre 2021, Apesa Arras/Béthune/Lens, est une association qui a, entre autres pour but l’accompagnement et la prise en charge des chefs d’entreprises en situation de risque suicidaire et de souffrance morale aigues, ainsi qu’un soutien aux familles endeuillées par le suicide d’un dirigeant. La prise en charge est rapide, gratuite, confidentielle et proche du domicile. Le dirigeant peut bénéficier de 5 consultations gratuites, financées par l’association Apesa. À noter que le nombre d’alertes et prises en charge s’est élevé à 19 en 2024, contre 9 en 2023.
Le dispositif Apesa comprend 8 psychologues et 34 «sentinelles» (27 en 2024), permettant de détecter les chefs d’entreprise en souffrance psychologique et d’organiser leur prise en charge par le réseau. Pour 2026, «la volonté est de continuer à développer le nombre de 'sentinelles' afin de d’accompagner un maximum de dirigeants et obtenir les financements publics et privés nécessaires pour la prise en charge des coûts de l’association.»