En bref

Un homme devant les assises pour actes de torture et viols sur sa compagne

Accusé d'avoir infligé à sa compagne sept ans de sévices, dont des viols accompagnés d'actes de torture, un homme de 51 ans comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) où...
Accusé d'avoir infligé à sa compagne sept ans de sévices, dont des viols accompagnés d'actes de torture, un homme de 51 ans comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises de Digne-les-Bains où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité © Damien MEYER

Accusé d'avoir infligé à sa compagne sept ans de sévices, dont des viols accompagnés d'actes de torture, un homme de 51 ans comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises de Digne-les-Bains où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité © Damien MEYER

Accusé d'avoir infligé à sa compagne sept ans de sévices, dont des viols accompagnés d'actes de torture, un homme de 51 ans comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

La plaignante, âgée aujourd'hui de 42 ans et mère de quatre enfants, a "la volonté, alors qu'on a essayé de la réduire au silence pendant tant d'années, de ne pas rester silencieuse", explique à l'AFP son avocat Me Philippe-Henry Honegger.

"Son idée, c'est que la peur et la honte doivent changer de camp", ajoute-t-il avant le procès qui s'ouvrira à 14h00.

Face à elle, durant une semaine dans le box des accusés, son ex-compagnon, jugé pour lui avoir fait subir des actes de torture ou de barbarie, notamment lors de viols à répétition entre 2015 et 2022, et pour l'avoir contrainte à se prostituer.

L'accusé, alors directeur d'une agence bancaire à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), affirme que "les faits relèvent de leur intimité et que les actes étaient consentis", explique Me Charlotte Barriol, qui assure sa défense.

Après leur rencontre en 2015, la relation de couple a, sous prétexte au départ de jeux sexuels sadomasochistes, évolué en relation d'emprise psychologique et de contrôle total du mis en cause sur sa compagne, selon l'accusation.

"J'étais dans la peur", a témoigné la plaignante interrogée par Radio-France, décrivant les nombreuses violences reprochées à son conjoint : "des coups de poing, avec une planche à découper, des entailles dans le dos au couteau. J'étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette".

"A plusieurs reprises depuis 2015, lorsqu'elle lui avait demandé d'arrêter en raison de la douleur ressentie, il avait selon elle poursuivi ses gestes, commettant des violences lorsqu'elle s'opposait à ses demandes (...) se livrant alors à un chantage à la rupture et exerçant une domination sur elle", a décrit l'accusation.

"Elle a indiqué qu'il lui avait ordonné d'avoir des relations sexuelles avec d'autres hommes, pendant lesquelles il écoutait via son téléphone portable", décidant "des pratiques et des tarifs et récupérant la moitié puis la totalité des gains", selon la même source.

Vision de l'enfer

C'est "l'intensité et la répétition des violences décrites, mises en relation notamment avec les conclusions de l'expertise médicale et l'exploitation d'enregistrements sonores et vidéos" qui a conduit au renvoi du mis en cause devant les assises, rappelle le parquet.

"C'est un dossier où la parole d'une femme est étayée, corroborée, renforcée, confirmée par des centaines et des centaines de messages, d'échanges téléphoniques, de retranscriptions et par des constatations médicales qui sont incontestables", affirme Me Honegger.

Ces messages montrent "parfaitement comment, minute par minute, heure par heure, il utilise le stratagème de manipulation psychologique pour réussir à obtenir ce qu'il souhaite", selon l'avocat.

"Toute son existence était soumise aux stratégies mises en place par cet homme pour la faire souffrir de toutes les manières possibles, à tous les instants de sa vie" au fil d'un quotidien ressemblant "à la pire vision de l'enfer qu'on puisse imaginer", dit-il encore.

En juin 2022, la victime parle pour la première fois de sa situation à une amie qui alerte les forces de l'ordre, entraînant l'interpellation de son compagnon.

Préparatrice en pharmacie de formation, elle souffre selon son avocat de séquelles physiques et physiologiques "qui font qu'elle est dans l'incapacité de mener une vie quotidienne normale" et a été reconnue handicapée à "plus de 80%".