Vœux de la Chambre d’agriculture de Côte-d'Or : entre espoir et préoccupations
Installation des jeunes, contexte international, ressource en eau, politique agricole commune… À l’occasion de ses vœux, Jacques de Loisy, président de la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, a mis l’accent sur ses préoccupations pour la filière.
Ce 12 janvier dernier à la Maison de l’Agriculture à Bretenière, l'heure était aux vœux. Sans citer le Mercosur ou les blocages routiers menés par les agriculteurs à différents endroits de Côte-d’Or, Jacques de Loisy, président de la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, a tout de même souligné un contexte international pesant pour la filière. Aucune production n'est à l'abri. "En quelques jours, une épizootie peut fermer les frontières ; une décision, à l’autre bout de la planète, peut voir les exportations viticoles de Côte-d’Or frappées de taxation, limitant leur compétitivité" a-t-il illustré prenant des situations impactant les productions locales.
Entre contraintes et concurrence déloyale
Mais les exemples ne manquent pas. "Sous prétexte de préserver la planète, après avoir fermé les usines de fabrication d’engrais en Europe, cette dernière s’apprête à taxer le principal moyen de production permettant de produire plus et mieux des céréales et tant d’autres productions végétales" s'alarme le représentant de la profession agricole. Autant de freins à la compétitive des filières agricoles qui doivent composer avec des productions étrangères moins réglementées. "La semaine dernière, les JA du 71 ont intercepté un camion d’asperges péruviennes…" se désole Jacques de Loisy.
Autant de difficultés qui peuvent freiner les jeunes désireux de se lancer. Pour la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, l’installation des jeunes agriculteurs et agricultrices est une priorité qui nécessite un accompagnement personnalisé et un engagement de chaque instant à travers le pôle installation-formation.
L’eau en ligne de mire
Préoccupation majeure pour les agriculteurs tout comme pour les responsables locaux, l’eau était au cœur des discussions en 2025 mais aussi l'objet d'un travail commun avec le Département et la préfecture. Jacques de Loisy espère désormais des actions concrètes autour de cette ressource. "2026 doit être une année de transformation et de réalisation, car, pendant ce temps-là, l’eau s’écoule. Et, si nous ne la retenons pas, les batraciens ne nous demanderont pas de combien est la pente d’accès à la mare, mais où est la mare" résume-t-il.
Jacques de Loisy a également fait le parallèle entre les risques d’inondation, comme celles qui ont touché l’Auxois ou le Val de Saône, et la nécessité de stocker cette eau qui ruisselle dans des étangs et des plans d’eau. Une solution qui permet une redistribution ultérieure en fonction des besoins environnementaux, des productions agricoles ou encore une utilisation dans le cadre de la défense incendie.
L’eau apparaît, pour le responsable agricole, comme un vecteur d’emploi. Les exploitations ayant un accès sécurisé à l’eau se transmettent plus facilement à de jeunes agriculteurs. Mais plus largement, ces exploitations sont pourvoyeuses d’emplois salariés indirects dans "Les filières coopératives, le négoce, les réparateurs de matériel agricole, sans qui nos exploitations ne sauraient fonctionner," souligne Jacques de Loisy. Autant de secteurs pour lesquels les enjeux autour de la formation et du recrutement sont cruciaux. "Dans toutes ces filières, il convient de réfléchir à leur attractivité, à la valorisation et à la formation des salariés, dont le renouvellement des générations est aussi un sujet" développe le président de la Chambre d'agriculture de Côte d'Or.
Une filière sous tension
Dans son discours, Jacques de Loisy a également interpellé sur la politique agricole commune, regrettant que "la Côte-d’Or, département de zone intermédiaire, soit la variable d’ajustement". Malgré ce constat sévère, l'élu veut rester positif. "Vous avez pu percevoir un certain nombre de points de préoccupation, mais aussi des perspectives d’avenir, car c’est bien à cela que la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or doit s’attacher" conclut le président de la Chambre d’agriculture.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert