Venette : Catherine Vautrin salue le savoir-faire de Matra Electronique
En visite chez Matra Electronique, entreprise basée à Venette et spécialiste de la fabrication des composants électronique du secteur de la défense, et notamment des missiles, la ministre des Armées et des Anciens combattants de France, Catherine Vautrin, entend renforcer les entreprises spécialisées de ce secteur, avec une augmentation de six milliards d'euros prévue dans le budget 2026 pour la Défense.
C'est dans la toute nouvelle usine de
Venette, inaugurée en 2024, que Matra Electronique, une filiale de
MBDA depuis 2001 - entreprise européenne spécialisée dans la
fabrication de systèmes d'armes et de missiles - , a accueilli la
ministre des Armées et des Anciens combattants de France, Catherine
Vautrin, le 9 janvier. Dans un contexte géopolitique européen et mondial en
guerre, la France a l'objectif de renforcer son économie de guerre
tout en étant rentrer dans un effort de réarmement.
De cette économie de guerre découle
une hausse de l'activité des PME spécialisées dans le secteur de la défense,
dont la ministre veut mettre en avant. Elle veut surtout montrer le
savoir-faire des entreprises et la nécessité de voter le budget
2026. «Lors de rendez-vous et de visites, j'invite des députés et
des sénateurs pour expliquer à la fois la situation mondiale et
d'autre part pour montrer la nécessité de voter un budget et savoir
pour quoi ils votent, explique Catherine Vautrin. Dans ce
budget 2026, celui de la Défense passe de 50,1 à 57 milliards
d'euros. Ces crédits sont des crédits pour investir et acquérir
des munitions et des rafales. Si le budget n'est pas voté, il n'y a
pas d’acquisition. Donc c'est absolument indispensable pour les
armées que le budget soit voté».
Matra
Electronique, le cerveau du système nerveux du missile
Et
l'un des fleurons industriels du secteur de la Défense français
suit cette hausse globale. Depuis son déménagement il y a un an,
Matra Electronique a enregistré une hausse de son activité de 30%
et enregistre un chiffe d'affaires de 113 millions d'euros, avec
également un hausse de ses salariés passant de 350 à 600 personnes
en trois ans, dont une hausse de 20% en 2024 et prévoit 150
collaborateurs en plus en 2026. L'entreprise a aussi acté une hausse
de 30 à 50% en 2026.
L'enjeu est donc de taille pour
l'entreprise, experte dans le développement et la fabrication des
composants électroniques des missiles depuis 50 ans, prête à relever le défi: elle
fabrique tous les équipements électroniques pour MBDA France et
fabrique également les calculateurs pour les missiles britanniques.
L'entreprise équipe notamment les missiles Aster, un missile
antiaérien et antibalistique franco-italien et Exocet, un missile
antinavires français. Ces pièces électroniques fabriquées par
l'entreprise sont précieuses : si certaines sont achetées à
des entreprises partenaires, la plupart des pièces sont développées et
fabriquées au sein de l'usine de Venette, ce qui font d'elles des
pièces uniques au monde.
Ces
pièces sont ensuite envoyées en Sologne, au sein du centre
intégrateur de MBDA, pour les assembler et les tester et ainsi fabriquer
notamment les missiles. «Nous fabriquons le cerveau du
système nerveux du missile»,
note David Politzer, DG de Matra Electronique. Et les équipements
fabriqués par Matra Electronique servent à la performance des
missiles : par exemple le missile Aster passe de 0 à 5 000 km/h
en trois secondes et possède une précision de quelques dizaines de
centimètres à plus de 100 km.
La souveraineté de la super-puissance
Désormais,
l'enjeu pour Matra Electronique reste de suivre les commandes
nationales et d'y répondre le plus rapidement possible, dans le but
de garder la souveraineté française de la fabrication de ces
composants électroniques, avec l'appui d'un centre logistique
ultra-performant. La nouvelle usine demeure le reflet de cette
volonté. Avec un investissement conséquent, MBDA a construit à
Venette une usine évolutive, sur un terrain de 14 hectares, dont 21
000 m² de bâtiments. «Elle va nous permettre de produite
plus vite et en plus grande quantité,
explique Frédéric Wilmot, directeur industriel MBDA France et
président de Matra Electronique. Mais aussi de se doter
d'extension possible».
Et pour rester compétitive et concurrentielle, Matra Electronique s'est diversifiée, notamment dans le secteur du spatial, dont la spécialité est de construire des satellites en très grande quantité, très rapidement et à bas coût. Elle fabrique également des brouilleurs, par exemple, en collaboration avec des startups. «Cela permet l'innovation et la pérennité», précise Frédéric Wilmot. Cette croissance de l'entreprise montre la montée en puissance du secteur de la défense au niveau national et la capacité de Matra Electronique à rester un fleuron industriel de haute volée. Dans ce sens, la ministre des Armées et des Anciens combattants de France entend renforcer le tissu économique de la défense, précisant que «les retombées économiques se font sur l'ensemble des territoires avec la capacité à créer de la valeur sur la base industrielle de défense».