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Vicky Foods ancre sa stratégie européenne en Bourgogne

Avec plus de 100 millions d’euros investis et une projection à 1 000 emplois directs, le groupe espagnol Vicky Foods a inauguré le 27 novembre sa première usine française à Fragnes-La Loyère.

L'usine Vicky Foods est déjà en activité et compte une centaine de salariés produisant du pain de mie (photo) et des pains à burgers. © Aletheia Press / A.Morel
L'usine Vicky Foods est déjà en activité et compte une centaine de salariés produisant du pain de mie (photo) et des pains à burgers. © Aletheia Press / A.Morel

C’est un bâtiment immense, flambant neuf, sorti de terre en un temps record et appelé à devenir l’un des moteurs industriels de la Saône-et-Loire. Jeudi 27 novembre, en présence du très local ministre de l'Industrie, Vicky Foods a inauguré son site de Fragnes-La Loyère, au cœur de la zone Saôneor, sa première usine française. Pour Rafael Juan, PDG du groupe, l’événement revêt une dimension à la fois stratégique et personnelle. «Ma mère Vicky, qui nous a quittés en 2021 et à qui nous devons notre nom, serait fière de ce moment», a-t-il déclaré, rappelant que la France est depuis des années le second marché du groupe après l’Espagne.

Le site s’étend sur 23 578 m² et bénéficie d’équipements industriels de dernière génération : lignes de production automatisées, technologies 4.0, panneaux photovoltaïques couvrant près d’un tiers de la toiture, le tout construit en moins de deux ans. Une première ligne produit déjà des pains à hamburger, une seconde – consacrée au pain de mie – sera opérationnelle dans les prochaines semaines, tandis qu’une troisième ligne est programmée pour 2027. La capacité de production s’élève à 11 000 pains par heure.

Un projet symbolique pour le Grand Châlon

La zone Saôneor, elle-même issue de la reconversion industrielle post-Kodak, offre un ancrage stratégique. «La Bourgogne–Franche-Comté s’est imposée naturellement, par sa position, son tissu industriel et la réactivité des acteurs publics», a souligné Rafael Juan.

Pour les élus, l’événement symbolise une réindustrialisation devenue tangible. «On peut aller vite en France : entre la vente du terrain en juin 2022 et la livraison du bâtiment en juillet 2024, la démonstration est faite», a affirmé le ministre chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, rappelant que neuf usines ont été créées récemment ou sont en cours d'installation sur le Grand Chalon. L’État et la Région ont engagé près de 30 millions d’euros pour aménager Saôneor : voiries, bassins de rétention, accès autoroutiers… Autant d’infrastructures pensées pour faire renaître l’activité là où Kodak s’était effondré. «Nous avons inversé la courbe en France : 140 000 emplois industriels ont été recréés en quatre ans», a insisté le ministre.

Un point central pour la stratégie européenne du groupe

À ce jour, une centaine de salariés occupe déjà l’usine. Entre 100 et 120 recrutements supplémentaires sont prévus d’ici dix-huit mois, pour atteindre environ 300 employés dans la première phase du projet. Mais le groupe voit plus loin : l’acquisition, le matin même de l’inauguration, d’un nouveau terrain adjacent ouvre la voie à un développement à grande échelle. «Nous avons de l’ambition : 75 000 m² à terme et jusqu’à 1 000 emplois directs», a confirmé le PDG, qui projette de faire de Chalon-sur-Saône la plateforme logistique d’un maillage européen renforcé.

Vicky Foods compte 3 688 salariés dans le monde et a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires record de 707 millions d’euros pour plus de 237 000 tonnes de produits fabriqués. Cette implantation marque le début d’une nouvelle étape de son développement européen.

Pour Aletheia Press, Arnaud Morel