Un bateau-restaurant, une base de location d’embarcations électriques, un hébergement insolite flottant et l’installation d’une structure de bateau-école !
Le port de plaisance de Nancy Saint-Georges-Sainte-Catherine, situé sur le canal de la Marne au Rhin et sur la boucle de la Moselle (deuxième itinéraire fluvial touristique de l’Hexagone après le canal du midi ) va accueillir prochainement ces quatre nouvelles activités.
Début janvier, Voies navigables de France (VNF) a lancé un appel à projets, en lien avec la Métropole du Grand Nancy. Objectif : engager la nouvelle dynamique du port et créer un véritable pôle touristique fluvial au cœur de la cité ducale.
«Nous avons déjà reçu quelques candidatures et les porteurs de projets sélectionnés seront connus d’ici cet été. L’intérêt de leur part est bien présent», assure Sophie-Charlotte Valentin, la directrice territoriale Nord Est de VNF.
Le bateau-restaurant envisagé devrait proposer une expérience gastronomique attrayante et durable en complément de l’offre culinaire et touristique de la ville. La base de bateaux électriques entend cibler une clientèle locale permettant de découvrir la voie d’eau.
L’hébergement insolite (cabanes flottantes ou encore unités d’hébergement atypiques) a pour vocation d’attirer une clientèle en quête de séjours originaux pour renforcer l’attrait du site comme destination de tourisme fluvial.
Le projet de bateau-école vient d’être ajouté pour offrir la possibilité de passer le permis bateau en eaux intérieures.
«Nous allons redonner au port nancéien sa vocation initiale d’accueil de bateaux de plaisance et développer de nouveaux services pour permettre de renforcer l’attractivité de cette infrastructure».
Principalement occupé par des bateaux logements, qui viennent d’être déplacés sur une autre partie de la voie d’eau, le port de plaisance nancéien est l’un des exemples de la stratégie menée par VNF pour renforcer le tourisme fluvial dans la région et principalement sur l’axe Est du canal de la Marne au Rhin et de la boucle de la Moselle.
Clientèle internationale et locale
«Le potentiel en matière de développement du tourisme fluvial sur les domaines publics que nous gérons est aujourd’hui sous-exploité sur ces parties du canal de la Marne au Rhin et de la boucle de la Moselle. La dynamique que nous mettons en œuvre se réalise en lien direct avec les collectivités locales concernées», continue la directrice territoriale Nord Est de VNF pointant du doigt ces voies d’eau lorraines sur une carte de France soit quelque 8 500 km de fleuves, rivières et canaux du réseau navigable national dont près de 2 500 km dans le Grand Est.
L’attractivité touristique fluviale dans la région, principalement en Alsace, est bien présente. D’après les chiffres fournis par VNF, le poids économique de ce secteur s’élève à 91 millions d’euros et génère près de 250 emplois. Au niveau national, le poids du tourisme fluvial dépasse le milliard d’euros.
«C’est un pan complet de l’attractivité des territoires et une source certaine de développement économique». Nancy accueille déjà plusieurs bateaux de plaisance et notamment des croisiéristes avec des péniches haut de gamme aux prestations de services chics.
«C’est en grande majorité une clientèle internationale découvrant l’Hexagone via la voie d’eau. C’est l’une des cibles du développement du tourisme fluvial mais l’objectif est surtout de permettre au plus grand nombre, notamment aux locaux, de se (ré)approprier ces espaces et le patrimoine qui y est lié».
Le potentiel du tourisme fluvial est sous-exploité
La tendance présente depuis quelques années de slow tourisme, notamment mise en avant par l’Agence du tourisme régionale Grand Est, permet au tourisme fluvial de s’y inscrire pleinement.
«Nous parlons de plus en plus de "fluvestre", c’est-à-dire un ensemble d’activités touristiques et de loisirs se pratiquant le long des fleuves et des canaux comme la randonnée pédestre, les balades équestres ou encore les itinérances à vélo. Nous travaillons en lien avec les collectivités de la région notamment au niveau de la Véloroute. Les anciens chemins de halage sont réhabilités pour accueillir les cyclotouristes».
D’autres voies de développement sont présentes à l’image des anciennes maisons éclusières.
«Nous les réhabilitons pour développer des produits touristiques (restauration, hébergement ou encore location de matériels de loisirs). À Dieue-sur-Meuse, le long de la Meuse navigable, l’ancienne maison éclusière accueille, par exemple, aujourd’hui l’office de tourisme de Val de Meuse-Voie sacrée».
Au fil de l’eau semble bien couler un développement économique dans la région...
En mode «Fluvestre»
Fluvestre ! C’est le terme aujourd’hui mis en avant par Voies navigables de France pour expliquer sa stratégie de développement en matière de tourisme fluvial. Ce terme englobe toutes les activités touristiques et de loisirs se pratiquant sur et le long des fleuves et canaux (tourisme fluvial, itinérance à vélo, randonnée pédestre, balade équestre, paddle, kayak, ...).