Il y a 40 ans, le metteur en scène Dominique Martens lançait à Ailly-sur-Noye un spectacle son et lumière consacré aux grandes heures de la Picardie. Quatre décennies plus tard, Le Souffle de la Terre est devenu un rendez-vous incontournable, mobilisant 900 bénévoles, dont 700 figurants, et attirant près de 25 000 spectateurs chaque année, sur cinq week-ends entre août et septembre.
«C’est devenu une très grosse machine, sans doute l’une des plus importantes associations du territoire», confie Isabelle Ducoroy, directrice depuis dix ans et engagée comme bénévole depuis trois décennies. Le spectacle continue d’évoluer au fil des éditions : scènes réécrites, décors renouvelés, musiques et chorégraphies revisitées.
Pour ses 40 ans, en 2026, l’association promet une édition spéciale, avec une nouvelle scène tenue secrète et un avant-spectacle entièrement repensé, pour plonger les spectateurs dans une ambiance festive dès 19 heures.
Une aventure collective renouvelée en permanence
À leur arrivée, les visiteurs plongeront dans «la balourde», nom donné autrefois à la fête foraine à Ailly-sur-Noye au début du XXe siècle. «Il y aura un manège ancien pour les enfants, un théâtre avec des scènes jouées toutes les 30 minutes, ainsi que des échoppes et des jeux picards», détaille Isabelle Ducoroy. L’espace VIP adoptera une ambiance années 1920, tandis que la restauration s’inscrira dans un esprit guinguette. Une reconstitution militaire dédiée à la Seconde Guerre mondiale viendra également enrichir l’expérience.
Côté technique, Le Souffle de la Terre intégrera pour la première fois de la vidéoprojection. «Tous ces changements sont préparés très en amont, comme l’ensemble du spectacle, qui repose entièrement sur des bénévoles», souligne la directrice. Toute l’année, le «club du mardi» s’active en coulisses pour concevoir accessoires, chars et carrosses, mais aussi entretenir ou adapter quelque 8 000 costumes, sous la direction de la costumière Madeline Driez.
Si le spectacle perdure depuis quatre décennies, c’est aussi grâce à son esprit collectif. «Il y a une ambiance très conviviale. Dominique Martens, aujourd’hui relayé par sa fille Loïse, a su créer une véritable dynamique fédératrice», conclut-elle. Avec une moyenne d’âge de 38 ans, l’équipe de bénévoles se distingue par sa relative jeunesse, un atout rare dans l’univers des sons et lumières historiques.
Un outil économique du territoire
Le Souffle de la Terre s’impose aussi comme un acteur économique du territoire. Avec un budget global de 800 000 euros, l’association privilégie les entreprises locales pour ses besoins, comme la fromagerie Planchon ou le service traiteur du Moulin des Écrevisses. «Les spectateurs consomment également lorsqu’ils viennent», souligne la directrice.
Au-delà du public individuel et des groupes, le son et lumière accueille aussi des entreprises, reçues dans un espace VIP pouvant accueillir jusqu’à 150 personnes, autour d’un cocktail dînatoire avant le spectacle. Une formule qui rencontre un réel succès. «C’est très différent d’une loge sportive : il y a ici une expérience humaine à part, c’est ce qui plaît beaucoup», conclut Isabelle Ducoroy.
Pour Aletheia Press, Diane La Phung