Depuis 2021, le «Pacte pour le bien vivre» entend œuvrer au développement économique et social du territoire. «Chaque année, nous rendons compte aux Amiénois de l’avancement de nos engagements et nous choisissons ensemble une grande question sociale à approfondir», souligne Hubert de Jenlis, maire d’Amiens, lors du lancement des Rencontres du Pacte, le 13 février dernier. Après la proximité, l’intergénérationnel, les dynamiques de la pauvreté ou encore l’innovation sociale, la collectivité a fait le choix de consacrer l’édition 2026 à la parentalité.
Amiens compte aujourd’hui 136 449 habitants, dont 16 859 familles avec des enfants de moins de 25 ans. «Elles sont 20% de moins qu’il y a 30 ans et, dans le même temps, les familles monoparentales ont augmenté de 48%. 41% d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté», précise l’édile. Pour accompagner leurs parents dans toutes leurs problématiques et créer un écosystème favorable aux familles, ce rendez-vous annuel a notamment rassemblé différentes structures lors d’une table ronde intitulée «Grandir à Amiens : accompagner les familles au quotidien».
Être plus bienveillant à l’égard des parents
Fin 2025 a ouvert à Amiens la «Maison des premiers liens». Co-financé par le Département de la Somme et l’État, ce lieu ressource, dédié à la période allant de la grossesse aux deux ans de l’enfant, est accessible à tous. «Cet endroit a été conçu comme une véritable maison pour que les visiteurs s’y sentent chez eux. Ils sont reçus de façon anonyme, confidentielle et surtout sans jugement», détaille Anne Goderis, coordinatrice parentalité au sein de l’Union départementale des associations familiales (UDAF) de la Somme.
Allaitement, mode de garde, développement de l’enfant… Tous les sujets peuvent y être abordés. «Il faut être prêt à l’écoute» assure Marie Vasseur. Un avis partagé par Virginie Mallet, responsable de la Maison des familles d’Amiens : «Les parents sont en overdose d’injonctions, mais en carence d’amour, de valorisation et de reconnaissance. Nous prônons l’intelligence collective pour les aider à avancer», explique celle qui se définit comme «la petite burette qui met de l’huile pour que les rouages continuent de tourner».
Encore plus pointés du doigt, les parents d’enfants atteints de troubles autistiques, de déficit de l’attention ou de troubles «dys» se coupent bien souvent du reste de la société. «Ces familles sont souvent très isolées et souffrent du regard des autres. Elles ont du mal à aller vers les autres, à faire confiance, puisqu’on leur a beaucoup dit que c’était de leur faute», souligne Margot Labouche, fondatrice d’Aid’Ensemble. Pour réinclure ces citoyens dans la société, l’association mène de nombreuses actions de sensibilisation, notamment auprès des professionnels de la petite enfance et même auprès des commerçants.
S’appuyer sur l’expertise parentale
Pour favoriser le vivre-ensemble, la Fédération des centres sociaux des Pays picards mise notamment sur l’expertise parentale. «Dans l’Aisne, nous avons mené un projet avec ATD Quart Monde autour de la nuance éducative. Nous avons travaillé avec des parents, des enseignants et des travailleurs sociaux sur toutes les idées reçues autour de l’école. Cette réflexion a permis à chacun de mieux se comprendre et, de fait, d’avoir des relations apaisées, qui contribuent à la réussite scolaire», analyse Tatiana Noël, chargée de développement au sein de la fédération.
Plus globalement, les centres sociaux sont des traits d’union entre les institutions et les habitants. Ils regroupent à la fois des maisons de services, capables de répondre aux demandes individuelles des familles, une maison de projet, qui mène des actions collectives pour les foyers, et une maison de la citoyenneté, où les parents mettent leur expertise au service de la société.