Éolien : à Blendecques, «les yeux et les oreilles» de Boralex
L'entreprise a ouvert les portes du centre de contrôle de son parc éolien et solaire franco-britannique dans cette ville du Pas-de-Calais. Une visite s'est déroulée en présence de Jean-François Petit, vice-président du développement, et de Jérémie Almosni, délégué général de France renouvelables.
Fondé en 1990 par Patrick Decostre dans la commune du Pays de Saint-Omer, natif des Hauts-de-France et aujourd’hui PDG du groupe, Boralex s’est depuis imposé comme un acteur majeur des énergies renouvelables. Présent au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France, il est aujourd’hui le premier producteur indépendant de l’éolien terrestre dans l’hexagone.
En France, le groupe emploie 315 salariés (dont 90 dans les Hauts-de-France) et dispose de 16 agences et bases de maintenance, un maillage territorial propice à «intervenir en moins de deux heures pour les opérations d’entretien et de réparation», précise Jean-François Petit. «Depuis plus de trois décennies, nous produisons une énergie renouvelable et abordable avec une logique industrielle de long terme».

Diversification et maillage territorial
Historiquement positionné sur l’éolien, son métier d’origine, Boralex a progressivement élargi son expertise au solaire et au stockage d’énergie. Une diversification qui accompagne la forte croissance du groupe puisqu’en cinq ans sa puissance installée a doublé pour dépasser aujourd’hui 3,1 GW (dont 1,35 GW en France, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de la métropole de Lille), avec un portefeuille de projets en développement proche de 8 GW à travers le monde. «Nous travaillons aux côtés des collectivités, des entreprises, des exploitants agricoles et des propriétaires fonciers qui souhaitent prendre part à la transition énergétique». A l’instar de Métro France, qui a signé un contrat d’approvisionnement en électricité durable de 20 ans.
Boralex se distingue notamment par sa maîtrise complète de la chaîne de valeur, du développement des projets à la construction, en passant par l’exploitation puis le démantèlement en fin de vie sur des cycles de 20 à 25 ans. «C’est une véritable filière industrielle qui crée de l’emploi sur les territoires » insiste le dirigeant, « dont le centre de contrôle de Blendecques est un outil stratégique, le cœur névralgique de Boralex».
Fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, il permet à l’équipe dédiée de 7 collaborateurs de superviser en temps réel l’ensemble du parc français de Boralex, mais aussi de contrôler les installations exploitées outre-manche. «Tout est piloté depuis le nord de la France… ce centre, ce sont nos yeux et nos oreilles», résume Jean-François Petit. «Dans cette salle, nos équipes assurent le suivi de la production, anticipent les incidents et optimisent les performances des installations».

Une filière sous tension
Si la visite du centre de contrôle de Boralex à Blendecques était l’opportunité pour ses représentants de souligner le potentiel et la maturité de la filière, elle a aussi été l’occasion d’exprimer de vives inquiétudes. Délégué général de France renouvelables (association représentative de la filière des énergies renouvelables électriques, ndlr), Jérémie Almosni a alerté sur l’absence de «boussole énergétique» au niveau national. «Sans plan gouvernemental clair et stable, la filière des énergies renouvelables avance à vue, alors même qu’elle est vertueuse et fortement créatrice d’emplois. Ma crainte concerne particulièrement la destruction d’emplois dans cette filière pourtant essentielle aujourd’hui».
Une analyse partagée par Jean-François Petit, qui ajoute que ces incertitudes réglementaires et politiques freinent les décisions d’investissement et les projets de développement. «Il existe de nombreuses incertitudes, malgré le potentiel des énergies renouvelables et les attentes de nombreux territoires. Cela limite concrètement notre développement à l’horizon 2026», explique-t-il. Dans un contexte de transition énergétique et de dépendance à l’importation d’énergies fossiles, Jérémie Almosni appelle ainsi à «une vision de long terme, indispensable pour sécuriser les projets et continuer à structurer une filière industrielle forte».
En résumé…
- Création en 1990
- 1er producteur indépendant de l’éolien terrestre en France
- 75 parcs éoliens, 6 parcs solaires et 2 batteries de stockage en service en France
- 315 salariés en France dont 90 dans les Hauts-de-France
- Plus de 700 collaborateurs à travers le monde
- Chiffre d’affaires 2023 du groupe : 674 millions d’euros