En bref

A Fresnes, mairie saccagée et vitrines brisées avant l'installation du nouveau maire

Hall d'accueil de la mairie saccagé, vitrines explosées: le centre-ville de Fresnes (Val-de-Marne), au sud de Paris, a été le théâtre de violentes dégradations vendredi soir avant l'installation...
Capture d'écran des images de vidéosurveillance de la mairie de Fresnes, diffusée par le maire le 28 mars 2026, montrant des intrus cagoulés devant la mairie de Fresnes dans la nuit du 28 mars 2026 © -

Capture d'écran des images de vidéosurveillance de la mairie de Fresnes, diffusée par le maire le 28 mars 2026, montrant des intrus cagoulés devant la mairie de Fresnes dans la nuit du 28 mars 2026 © -

Hall d'accueil de la mairie saccagé, vitrines explosées: le centre-ville de Fresnes (Val-de-Marne), au sud de Paris, a été le théâtre de violentes dégradations vendredi soir avant l'installation, samedi matin, du nouveau maire LR.

Rue Ténine, juste à côté de la mairie de cette commune de 30.000 habitants, les dégâts sont saisissants. "Les vitrines ont été brisées", se désole Stevie Agodor, gérant de l'auto-école Quick Permis 94, qui a également vu disparaître une moto.

Chiffrant son préjudice à près de 20.000 euros, il craint d'être "obligé de fermer pendant les travaux" si son assurance ne prend pas le sinistre en charge.

La Caisse d'Epargne voisine a également été ciblée.

A l'intérieur de la mairie, visée vers 21H30, "une banque d'accueil a été vandalisée, les écrans (...) cassés", a détaillé à l'AFP le nouveau maire Les Républicains Christophe Carlier, vainqueur (45%)au second tour des municipales de la sortante socialiste Marie Chavanon (43,53%) lors d'une triangulaire.

Des tables pliantes ont été renversées et du verre brisé. Le nouvel édile, qui déplore un préjudice "colossal" pour le fonctionnement des services, fustige une attaque contre "la maison commune", selon lui "clairement liée à l'élection".

Sur des images de vidéosurveillance consultées par l'AFP, on voit une dizaine de personnes masquées s'approcher du bâtiment et en briser la porte d'entrée à l'aide de ce qui ressemble à un mortier d'artifice, avant de s'y engouffrer pour tout casser à coups de bâtons.

Violence politique

Malgré ce saccage et la nécessité de se replier dans une autre salle, le conseil municipal a pu se tenir samedi matin pour valider l'investiture du nouveau maire.

L'opposition socialiste a condamné des violences "inacceptables", tout en mettant en garde la nouvelle majorité. "Il ne faut pas céder à la théorie du complot (...) et que ça serve encore d'excuse à la droite pour positionner l'armement" d'une future police municipale, a prévenu l'élue d'opposition Rachida Sadane.

Cette dernière a dénoncé auprès de l'AFP une séance d'installation "houleuse" au cours de laquelle la gauche a été "empêchée de s'exprimer", accusant notamment le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, présent dans le public, de lui avoir "coupé la parole".

M. Jeanbrun, ex-maire de L'Haÿ-les-Roses, commune limitrophe, a pour sa part confié son émotion face aux images de l'hôtel de ville vandalisé, qui ont ravivé les souvenirs de "l'attaque de (son) domicile" lors des émeutes de l'été 2023.

"On voit qu'il y a dans notre pays des mouvements sous-jacents qui refusent l'autorité et viennent s'exprimer même dans le débat politique pour presque intimider des équipes (...) qui défendaient le retour de l'ordre", a estimé le ministre, appelant à une réponse "extrêmement ferme".

Sur X, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a assuré que "tout (était) mis en œuvre" pour "identifier" et "traduire en justice" les auteurs de cette "atteinte à notre République".

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a condamné sur le même réseau social "la violence déchaînée de ces délinquants qui n'acceptent pas la démocratie et les résultats du scrutin".

"J'ai proposé au nouveau maire l'aide de la région pour mieux sécuriser son espace public", ajoute-t-elle.

"Attaquer la Maison commune, le lieu qui appartient à tous les habitants, est une attaque contre la République. Le faire la veille du conseil d'installation de la nouvelle équipe municipale est une atteinte à notre démocratie", a fustigé dans un communiqué l'ancien président de l'Association des maires de France François Baroin (LR).

La cheffe des députés RN Marine Le Pen a dénoncé "un acte inqualifiable mais malheureusement prévisible". "Quand l'extrême gauche affirme qu'elle ne reconnaîtra pas le verdict des urnes à la présidentielle en cas de victoire du RN, elle attise et légitime la violence politique et le chaos contre la démocratie", a-t-elle tweeté.

L'épisode de Fresnes s'inscrit dans un climat parfois rude depuis le second tour, émaillé d'incidents, d'élus bousculés ou insultés.

Des scènes de tension ont été filmées dans plusieurs mairies de banlieue remportées par des candidats LFI ou divers gauche. A Mantes-La-Jolie (Yvelines), le maire de droite battu a dû être escorté par les forces de l'ordre à l'issue du vote.