En bref

À Gouvieux, un restaurant éphémère pour recruter autrement

Le 10 mars, l’Institut national de formation et d’application (Infa) Le Manoir, à Gouvieux, a accueilli la 2e édition du Restaurant éphémère. Cette opération a permis à 13 demandeurs d’emploi de cuisiner pour des employeurs recrutant pour leurs établissements.

Le Restaurant Ephémère s’est déroulé pour la deuxième fois à l’Infa Le Manoir. © Aletheia Press / DLP

Le Restaurant Ephémère s’est déroulé pour la deuxième fois à l’Infa Le Manoir. © Aletheia Press / DLP

Pour la seconde fois, l’Infa Le Manoir à Gouvieux, a accueilli le 10 mars dernier la deuxième édition du Restaurant éphémère imaginé par France Travail et l’Umih 60. Dès 8h30, dix demandeurs d’emploi ont ainsi investi les cuisines, encadrés par le chef Sébastien Joudy et des apprentis du CFA, pour préparer le menu servi à 11 restaurateurs à la recherche de personnel. En parallèle, trois autres candidats ont dressé les tables avant d’assurer le service. «Cela permet aux employeurs d’observer la façon de faire de chacun, leur savoir-être et leur sens du relationnel. Autant de soft skills utiles dans la profession»,, souligne Laurence Krawczyk, directrice de France Travail Creil-Bord de l’Oise.

«L’enjeu ici est de faire le dernier kilomètre entre l’envie d’un demandeur d’emploi d’intégrer nos métiers et le besoin d’un chef d’entreprise», complète Charles-Edouard Barbier, président de l’Umih 60. À l’issue du repas, l’ensemble des participants a pu se rencontrer de façon plus formelle. «Le demandeur d’emploi peut, si besoin, effectuer une immersion d’un ou deux jours chez l’un des restaurateurs présents ou acquérir des compétences techniques grâce à une préparation opérationnelle à l’emploi assurée par l’Infa», indique Laurence Krawczyk.

Des candidats motivés

Il y a quelques semaines, les équipes de France Travail de Creil-Montataire et de Creil-Bord de l’Oise ont organisé une information collective réunissant des candidats intéressés et dont les profils pouvaient correspondre aux attentes des recruteurs, ou dont les compétences étaient transférables. «Ils ont ensuite été préparés par notre psychologue du travail pour les aider à savoir comment se présenter», précise Laurence Krawczyk. Parmi les 13 personnes retenues, Nathalie Monlouis-Bonnaire, qui a suivi une formation de commis de cuisine et exerce en collectivité.

«C’est une opportunité intéressante : là, plus qu’un CV, on peut montrer comment l’on travaille», observe-t-elle. «Pour nous aussi, c’est très intéressant puisque nous connaissons parfaitement les besoins des entreprises pour lesquelles nous formons des apprentis sur l’ensemble des métiers de l’hôtellerie-restauration. Là, les recruteurs peuvent voir les candidats en situation réelle, en service comme en cuisine : ça vaut tous les job dating», pointe Jackie Dupont, directrice de l’Infa Le Manoir.

Des professionnels satisfaits

D’ailleurs, les professionnels présents – le Parc Astérix, La Prego, Le Quai… – ont très rapidement répondu présents. «C’est une autre façon de recruter et c’est très bien. Cela nous permet de rencontrer plusieurs profils sur le terrain mais aussi d’échanger avec des confrères», confie Antonio Ramos, cofondateur de l’enseigne Lusitalia. «Nous avons des besoins en salle, en service… ça tombe vraiment bien puisque nous sommes en pleine période de recrutement», abonde Romain Schaller, dirigeant du restaurant La Verrière by Egua à Raray et de la brasserie Egua à Montataire. Pour Michaël Ejzenbaum, propriétaire du Vertugadin à Chantilly et membre du bureau de l’Umih 60, il est tout simplement «impossible de faire semblant pendant six heures de suite».

Pour Aletheia Press, Diane La Phung

Une profession redevenue attractive

Si la restauration a connu une période complexe après le Covid, le secteur a retrouvé une certaine attractivité. «Depuis un peu plus d’un an, nous voyons arriver des candidatures spontanées, ce qui ne se faisait plus du tout», remarque Charles-Edouard Barbier, qui rappelle les efforts faits par la profession. «Nous avons beaucoup travaillé sur nous-mêmes : il y a eu 28% d’augmentation sur la grille des salaires depuis 2020», note celui qui s’oppose cependant à des accords de branche en matière de compensation. «Je pense que chaque établissement doit être libre de mettre en place ce qu’il peut en fonction de sa réalité. Tout le monde ne peut pas proposer des services continus, par exemple», pointe-t-il.