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À la Brosserie Française, Serge Papin prône un made in France accessible

En visite à Beauvais le 16 janvier, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises a salué la stratégie de la Brosserie Française, partie à la conquête de la grande distribution en 2025. Un exemple qui démontre que le Made in France peut rimer avec prix bas et volume.

Serge Papin et Mme Brebalt, qui travaille depuis 38 ans dans l’entreprise. © Aletheia Press / DLP
Serge Papin et Mme Brebalt, qui travaille depuis 38 ans dans l’entreprise. © Aletheia Press / DLP

Reprise en 2012 par Olivier Remoissonnet, la Brosserie Française s’est spécialisée dans la conception et la vente de brosses à dents (88% de son activité aujourd’hui et 70% de son chiffre d’affaires). En pointe sur la vente en ligne et en points de vente premium, l’entreprise isarienne, qui emploie une quarantaine de salariés, a réussi à pénétrer la grande distribution en 2025. Pour cela, elle propose une brosse à dents à un euro. «Nous avons vendu 1,2 million de brosses à dents par ce canal et nous sommes passés de 400 à 2 700 points de vente», souligne le dirigeant.

Un exemple parfait pour Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, venu découvrir l'entreprise le 16 janvier. «En 2026, je veux travailler sur le made in France accessible et démontrer que ce n’est pas un marché de niche, mais un marché de volume» explique-t-il. Le ministre salue ainsi un produit durable, de qualité, et figurant parmi les moins chers du marché. «Et tout ça depuis Beauvais !», ajoute-t-il, encourageant la PME, dont les produits représentent aujourd’hui 5% du marché, à doubler ce chiffre d’ici cinq ans et à se tourner davantage vers l’export.

S’implanter durablement en GMS

Grâce à sa labellisation PME+, la Brosserie Française a obtenu des rendez-vous avec des centrales d’achat. À force de négociations, la brosse à dents 100 % beauvaisienne a trouvé sa place dans les rayons des grandes surfaces. Face aux géants que sont Signal ou Colgate, l’entreprise a su tirer son épingle du jeu, mais elle rencontre aujourd’hui quelques difficultés en matière de visibilité. «Les grands acteurs ont joué le jeu en 2025 en nous permettant de rencontrer notre public. Maintenant, il s'agit d’accélérer cette dynamique», constate Olivier Remoissonnet. Pour cela, il faut étendre l'offre. «Le made in France doit être présent sur une gamme large pour devenir un réflexe. Le consommateur ne peut pas se satisfaire d’une seule brosse à dents souple, l’offre doit être beaucoup plus large», analyse-t-il.

Aux yeux du chef d'entreprise, la Brosserie Française, qui produit actuellement huit millions d’unité par an, peut «tripler ses volumes sans pousser les murs». Une montée en puissance qui ne sacrifie en rien la qualité, assure de son côté Toni Secondos, responsable approvisionnement. «Nous ne faisons pas de différence entre un produit de la marque Bioseptyl [ndlr : premium] ou de la marque Les Vertueux [grande distribution]. Nous avons les mêmes démarches de production, les mêmes critères qualité. La différence, c’est le volume et la rationalisation des coûts», détaille-t-il.

Vers un made in France fort

Ce positionnement fait écho au discours porté par Serge Papin, qui souhaite voir le made in France atteindre 15 à 20% de parts de marché, contre 5% actuellement. «Le fait de promouvoir ce made in France accessible, c’est aussi un moyen de préserver notre modèle social», souligne-t-il. En effet, l'achat d'un produit d’importation ne donne lieu à «aucune cotisation» insiste Serge Papin. Lequel poursuit : «Un produit fabriqué en France, c’est de l’emploi, c’est de la création de valeur».

Pour encourager la progression de ce modèle, le ministre évoque deux leviers : l’export et les CapEx (dépenses d’investissement). «Si l’on veut transformer nos PME en ETI, et donc leur permettre de faire des volumes pour être plus compétitives, il faut les accompagner en investissement», conclut-il.

Pour Aletheia Press, DLP