Dossier

À Lillebonne, un chantier-école pour retrouver le chemin de l'emploi

Le 29 avril, les neuf stagiaires qui ont travaillé dans le cadre de l'opération «Les Geeks du bâtiment», ont présenté le local qu'ils ont rénové à Lillebonne.

Les stagiaires des Geeks du Bâtiment sont désormais employables et expriment tous l'envie de trouver un emploi dans le secteur du bâtiment. © Aletheia Press / L.Brémont

Les stagiaires des Geeks du Bâtiment sont désormais employables et expriment tous l'envie de trouver un emploi dans le secteur du bâtiment. © Aletheia Press / L.Brémont

«Attention, la peinture n'est pas encore sèche» alerte, ce 29 avril, Guillaume qui a travaillé à la remise en état d'un local associatif situé au cœur du quartier du Clairval à Lillebonne. Avec huit autres stagiaires, ils ont poncé, peint, posé des plaques de placoplâtre et du carrelage… sous l'œil avisé d'Arnaud Duval, formateur au Cefap de Bolbec et Marc Delamare, formateur à l'Afpa du Havre.

«Les Geeks du bâtiment», porté par la Fondation Impala Avenir Développement et les acteurs locaux de l’emploi, a un objectif simple. Durant 350 heures, les participants, entre 20 et 40 ans, ont travaillé sur ce chantier-école, support de leur formation aux métiers du second œuvre. Avec ce dispositif, il s'agit de favoriser une montée en compétence rapide axée sur la pratique.

Ici, pas question de faire semblant. «Nous avons découvert les locaux dans leur jus. Nous avons commencé par la démolition et il a fallu s'adapter au fur et à mesure. Nous avons discuté entre nous sur les façons de faire», détaille encore Hugo. Alors que le chantier s'achève et à l'heure de faire visiter le local aux partenaires de cette opération, le groupe est fier du résultat.

Une insertion professionnelle basée sur la pratique

Et il y a de quoi car certains n'avaient pas de connaissances préalables dans le domaine. De plus, tous ont passé, en parallèle, des certifications professionnelles qui ont nécessité de suivre un volet théorique. «Sur les dix semaines de formation, ils ont passé environ deux semaines à préparer les certifications. C'était exigeant», note Marc Delamare.

«Les Geeks du bâtiment» veut donner accès à une réinsertion professionnelle rapide. «Le point très positif de ce dispositif, c'est qu'ils sont salariés à partir du premier jour de formation, donc depuis le 29 février», souligne Carole Fleury, conseillère référente accompagnement RH des entreprises chez Caux Seine Développement.

Un suivi est également prévu. «Les entreprises de travail temporaire partenaires ont pris des engagements pour proposer des missions en lien avec la formation», poursuit-elle. Un bon moyen de mettre en pratique et de consolider les compétences acquises. «On perd environ 50% de ses connaissances au bout de six mois si on ne les utilise pas», souligne Marc Delamare.

Un travail de coordination

Si l'initiative est saluée par tous, sa mise en place n'en demeure pas moins un engagement important. «Pour arriver concrètement à cette formation, il faut un travail de coordination entre les nombreux partenaires impliqués. C'est ce rôle de chef d'orchestre que Caux Seine développement a assumé et qui a demandé 18 mois», constate Carole Fleury.

Stéphane Cavelier, vice-président de Caux Seine Agglo, en charge de l’emploi, la formation, l’ESS et l’enseignement supérieur rebondit : «Ce projet est la traduction d'une volonté politique. Aujourd'hui, nous voyons que de telles initiatives sont possibles concrètement dans un quartier prioritaire de la ville».

Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont