À 55 mètres sous le niveau de la mer, dans une carrière 450 hectares située à Ferques, 225 salariés, camions et grapins s’activent pour récupérer des granulats. Grâce à une moyenne quotidienne de 203 tirs de mines, le groupe CB, qui gère les Carrières du Boulonnais, extrait près de 35 000 tonnes de pierres par jour. «Cette roche a 330 millions d’années, et l’activité de la carrière a débuté en 1896» raconte José, ancien salarié retraité devenu guide conférencier pour l’entreprise qui propose désormais de visiter le site pour cinq euros.
Redorer l’image de la roche
L’ouverture du site aux visiteurs répond à un enjeu de communication. C’est un moyen de redorer l’image de métiers perçus comme salissants et complexes autour du calcaire et du marbre. «Nous avons eu plus de 1 000 visiteurs pour un taux de satisfaction à 95%. Cela nous coûte à organiser, mais les fonds récoltés vont à une association» détaille Vincent Amossé, directeur général de la filière granulats. Pour la saison touristique 2026, d’avril à octobre, la structure enregistre déjà 617 inscrits et un mois de mai complet. «Nous contribuons aussi au tourisme local et à l’attractivité du territoire» souligne Vincent Amossé.
Devenue groupe CB en 2008, la société appartenant à la famille Poulain depuis 130 ans, s’est spécialisée dans la transformation de plusieurs matériaux au fil des années en intégrant de nouvelles structures. À commencer par les granulats – filière historique du groupe – les minéraux, les réfractaires et enfin en 2025, les bois. «Aujourd’hui, nous dirigeons les deux entreprises familiales Cosylva et James, expertes dans le bois lamellé-collé» précise Vincent Amossé. Désormais, la cinquième génération de Poulain se prépare à reprendre les rênes de l’entreprise en 2027.
10 millions de tonnes produites
«Il y a un grand enjeu sur le long terme, car notre activité n’est pas délocalisable, nous dépendons de nos matériaux. C’est le transport qui est plus compliqué» poursuit le directeur général de la filière granulats. L'activité représente 10 millions de tonnes par an (7 millions à Ferques) pour un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros. Le voyage s’effectuant en camion (30 à 40 tonnes), le risque d’accidents, de bouchons et de frictions des granulats est élevé, contrairement au train.
«Un train remplace une dizaine de camions, trois millions de tonnes sont expédiées par an depuis notre terminal ferroviaire à six voies, soit 25% du fret de granulats en France» chiffre le dirigeant. Lequel ajoute que des connexions aux ports et aux plateformes multimodales du territoire existent. La protection de l'environnement n'est pas un sujet secondaire pour le site de Ferques qui abrite et protège des batraciens et des truites… mais aussi le hibou grand-duc depuis 2012.
Pour Aletheia Press, Eléonore Chombart