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Guerre en Iran : à Amiens, les agences de voyages font de la pédagogie

Depuis le déclenchement du conflit entre l’Iran, Israël et les USA, les voyageurs -qu’ils aient déjà réservé ou non- s’interrogent : pourront-ils bien partir en vacances ? À Amiens, les agences de voyage se veulent rassurantes. 

Le 28 février dernier débutait la guerre entre l'Iran, Israël et les USA, impactant de nombreux résidents et voyageurs. Selon les chiffres du gouvernement, mi-mars, 35 000 personnes avaient pu rejoindre la France grâce à des vols commerciaux et à d'autres affrétés par l'État. Depuis, les agences de voyage sont en première ligne pour répondre aux inquiétudes des vacanciers qui ont déjà réservé et de ceux qui cherchent une destination «sûre» pour cet été.

«Des crises, il y en a toujours eu. Nous traverserons celle-ci comme nous avons surmonté les autres. Il faut surtout faire beaucoup de pédagogie, mais il n'y a pas d'affolement : nous n'avons enregistré aucune annulation», souligne Virginie Bombera, conseillère voyage chez Rive Gauche à Amiens. Un avis partagé par Thierry Delbart, responsable de l'agence Fram ouverte il y a cinq mois au sein d'Aushopping. «Nos clients continuent à réserver. Ils cherchent davantage la sécurité pour ne pas être bloqués, ils s'adaptent, mais ont toujours envie de voyager», complète-t-il.

Rassurer et orienter

Installée depuis sept ans à côté de la cathédrale, Rive Gauche propose des voyages clés en main et s'adresse en majorité à des seniors. «C'est une clientèle qui s'informe et qui est donc assez inquiète par rapport à ce qu'elle entend concernant la situation au Moyen-Orient», note Virginie Bombera. Celle-ci consacre une importante partie de ses journées à répondre aux questions et à faire de la pédagogie.

«Beaucoup se demandent notamment si leur vol sera maintenu après l'annonce de suppression. Mais cela concerne moins de 1% du trafic chez KLM et 2% chez Transavia pour les mois de mai et juin», note-elle. Virginie Bombera rappelle, que concernant la dangerosité de certaines destinations, les agences respectent à la lettre les recommandations du ministère des Affaires étrangères.

Thierry Delbart le reconnaît : «C'est aussi à nous d'être force de proposition ; nous assistons d'ailleurs à une réorientation des réservations vers l'Espagne, l'Italie, le Portugal ou vers les croisières, qui sont souvent sous-estimées alors qu'elles offrent de très belles expériences». En revanche, des pays comme l'Égypte pâtissent fortement du conflit. «C'est dommage, parce qu'il n'y a pas d'alerte sécuritaire et qu'il y a actuellement de réelles opportunités : il est possible d'effectuer une croisière sur le Nil pour 500 euros par personne, un prix inimaginable il y a quelques mois», poursuit-il.

Tirer son épingle du jeu

In fine, cette crise pourrait même bénéficier aux agences de voyage, dont l'activité est très encadrée. «Nous sommes responsables de nos voyageurs, nous sommes tenus de les rapatrier. Et puis, s'il y a vraiment une impossibilité totale de se déplacer, nous annulons le voyage et nos clients sont remboursés», rassure Virginie Bombera.

Chez Fram, qui propose principalement ses propres voyages - en circuit, en tout inclus, en groupe ou de façon individuelle -, la tonalité est la même. «Nous sommes là pour accompagner nos clients, et ils le savent. Ils viennent chez nous pour avoir quelque chose de tout inclus, où il y a le moins d'imprévus. Et même s'il y en a, ils savent qu'en passant par une agence de voyage et en prenant une assurance, ils seront pris en charge, c'est très rassurant», analyse Thierry Delbart.

Pour Aletheia Press, DLP