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À Marseille, la mer fait des vagues dans la campagne municipale

Avec ses 57 kilomètres de côtes, le littoral remarquable de Marseille s'impose dans la campagne municipale. Plages privées, créneaux réservés aux familles ou espaces balnéaires dans les quartiers nord, longtemps délaissés : les candidats rivalisent...
La mairie de Marseille, le 20 février 2026 © MIGUEL MEDINA

La mairie de Marseille, le 20 février 2026 © MIGUEL MEDINA

Avec ses 57 kilomètres de côtes, le littoral remarquable de Marseille s'impose dans la campagne municipale. Plages privées, créneaux réservés aux familles ou espaces balnéaires dans les quartiers nord, longtemps délaissés : les candidats rivalisent de promesses pour remodeler la façade maritime.

Et si la deuxième ville de France se transformait en "station balnéaire, s'inspirant du modèle italien et de ses plages privées en faisant payer les transats ?", assume la candidate de la droite et du centre Martine Vassal. "La richesse de Marseille est toujours venue de la mer et pendant trop d'années, on lui a tourné le dos au lieu d'en tirer profit", estime la présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence.

Le littoral phocéen se répartit en plusieurs zones : industrielle et portuaire au nord, urbaine et touristique autour du Vieux-Port, balnéaire au sud et préservée à l'est avec le Parc national des Calanques et ses criques sauvages.

Pour Mme Vassal, pas question de renoncer aux retombées économiques des bateaux de croisières et du fret, mais elle défend "un abord balnéaire entre l'Estaque (Nord) et les Goudes (Sud) pour se balader en contournant le port, comme au Havre".

La priorité du candidat d'extrême droite Franck Allisio est de "rendre leur plage aux Marseillais. Aujourd'hui les familles et les seniors vont à Cassis, à La Ciotat ou dans le Var parce que la sécurité et la propreté ne sont plus assurées", affirme le député RN des Bouches-du-Rhône, dénonçant "les barbecues sauvages, le harcèlement, la consommation de drogue".

En attendant de "tripler le nombre de policiers municipaux", l'élu souhaite mettre en place des "créneaux horaires pour l'accès aux plages, comme pour les wagons sans enfant de la SNCF". Une proposition décriée, dont il accepte le surnom de "pass anti-racailles".

Aux abords du port, dans le quartier d'affaires Euroméditerranée, où sont implantés le Mucem et le siège de l'armateur CMA CGM, le candidat RN entend développer une marina dotée d'hôtels, de restaurants et d'un centre de congrès.

Inégalité d'accès

"Hors de question d'accorder davantage de concessions privées", martèle le camp LFI, qui déplore que plusieurs clubs privés, dont le Cercle des nageurs, - institution locale pourvoyeuse de champions - "privatisent déjà le littoral marseillais".

Le député LFI Sébastien Delogu se dit "radicalement opposé aux visions développées par les deux listes de droite : ségrégation sociale, voire selon l'origine, plus ou moins sous-entendue par le RN".

Le mouvement écolo-citoyen Vaï, allié de LFI, considère que les activités du port, deuxième de France, doivent "correspondre aux besoins des Marseillais", à l'image des liaisons par ferry vers la Corse ou le Maghreb, et plaide pour la réouverture du terminal légumier. "Au lieu de décharger les valises des croisiéristes, les dockers pourraient décharger les produits consommés à Marseille", fait valoir un porte-parole.

À gauche également, le maire sortant Benoît Payan, candidat à sa succession, mise sur la poursuite des aménagements de son "plan littoral Nord et Sud".

"On a développé la culture de la mer, on a insufflé à la jeunesse marseillaise un esprit d'aventure", se félicite Hervé Menchon, l'adjoint en charge des espaces littoraux. Avant d'entrer au collège, tous les élèves marseillais ont désormais accès à une activité nautique.

Le Printemps Marseillais, coalition de gauche et des Écologistes conduite par M. Payan, met aussi l'accent sur la biodiversité marine, proposant d'augmenter les espaces protégés et de poursuivre son "plan posidonie", herbe marine contribuant à limiter l'érosion et à élargir la superficie des plages.

Dans un contexte où le littoral est au cœur des équilibres économiques, écologiques et sociaux, un collectif d'associations a adressé aux candidats un questionnaire : "Quels projets pour la rade de Marseille ?", les invitant à se positionner sur les points de baignade, les équipements sportifs, les navettes maritimes…

Au-delà de ces propositions, un constat fait consensus parmi les quatre principaux candidats: l'inégalité d'accès à la mer dans les quartiers nord, longtemps laissés à l'écart malgré leur forte densité de population. Tous s'engagent à agrandir la plage de Corbière, unique espace balnéaire du secteur.