En bref

A Montauban, l'ombre de l'ex-maire Brigitte Barèges plane sur les municipales

Pour la première fois en un quart de siècle, Brigitte Barèges ne figure pas sur les bulletins de vote des municipales à Montauban mais son nom est sur toutes les lèvres avant un scrutin incertain...
Didier Lallemand, candidat UDR aux municipales à Montauban, pose le 5 mars 2026 dans son local de campagne à Montauban © Matthieu RONDEL

Didier Lallemand, candidat UDR aux municipales à Montauban, pose le 5 mars 2026 dans son local de campagne à Montauban © Matthieu RONDEL

Pour la première fois en un quart de siècle, Brigitte Barèges ne figure pas sur les bulletins de vote des municipales à Montauban mais son nom est sur toutes les lèvres avant un scrutin incertain où son bilan est au coeur des débats.

L'ancienne maire, ex-LR et désormais UDR, qui dirigeait la ville depuis 2001, a quitté son poste en 2024 après être redevenue députée lors des législatives anticipées.

Mais elle a été déclarée inéligible un an plus tard par le Conseil constitutionnel en raison d'irrégularités dans ses comptes de campagne.

Celle qui a longuement régné sur la vie publique montalbanaise et n'est donc plus élue était pourtant dans les locaux de France 3, mercredi, avec cinq des sept candidats venus débattre avant le premier tour pour soutenir celui qu'elle a choisi comme héritier: son ancien directeur général des services, Didier Lallemand.

En coulisses, elle a entendu ce dernier assurer qu'il serait bien maire "pendant les six années" du prochain mandat, en réponse à ses concurrents qui accusent Mme Barèges de vouloir récupérer son siège en juillet, au terme de son année d'inéligibilité.

Injustice

"Je voudrais arriver à rétablir cette injustice", confie à l'AFP l'ancienne édile à propos de la décision du Conseil constitutionnel, "en faisant en sorte de faire élire des personnes de ma tendance et des gens en qui j'ai confiance, car Montauban, c'est un peu ma passion".

D'où le choix, "rassurant" pour elle, de M. Lallemand, son ex-collaborateur, ancien cadre de France Télécom et Orange, aujourd'hui âgé de 69 ans.

"Je ne devais pas être maire de Montauban", reconnaît volontiers auprès de l'AFP celui qui se revendique aujourd'hui comme le "successeur" de Mme Barèges.

"Je ne suis pas inquiet sur le fait qu'elle me laissera ma place et que je prendrai ma place, parce que les gens qui me connaissent savent que, quand je m'engage, (...) je veux avoir les rênes", assure-t-il encore, réfutant l'étiquette de "marionnette" dont l'affublent ses adversaires.

Quitter son poste pour le rendre à son ex-cheffe serait "trahir les électeurs", ajoute-t-il dans son local de campagne à l'entrée duquel une Brigitte Barèges grandeur nature accueille le visiteur sur une affiche où elle et son poulain posent dos à dos, bras croisés, "à la Starsky et Hutch". "Une idée à moi", dit-il.

Tourner la page

Le poids de Mme Barèges dans cette élection dépasse largement celui lié à son rôle de directrice de campagne de M. Lallemand, tous les candidats se positionnant par rapport à elle.

Son ex-premier adjoint, Thierry Deville, conduit ainsi la liste LR, où figure aussi son ancien adjoint aux Sports Bernard Pécou; et une troisième adjointe, Aurore Kothé, a rejoint la liste centriste de l'avocat Jean-Lou Lévi.

M. Deville, après avoir pris ses distances avec Brigitte Barèges lorsqu'elle a rallié Eric Ciotti, assure aujourd'hui que "tout le monde, sauf elle", considère qu'il a la "légitimité" d'assurer sa succession à la tête de la cité d'Ingres.

"Après elle, la droite ne repousse plus", accuse-t-il, notant qu'après un quart de siècle à la mairie, Mme Barèges n'avait pas de "successeur" évident.

"Il pensait naturellement qu'il était peut-être mon dauphin, ce que je n'ai pas considéré. Donc, il s'est froissé de cette situation", analyse Mme Barèges, qui voit dans le revirement de son ancien allié une "trahison".

Principal opposant au conseil municipal après avoir obtenu, en 2020, 45,54% à la tête d'une liste d'union de la gauche, le socialiste Arnaud Hilion, 49 ans, veut désormais "tourner la page" de ce qu'il appelle la "Barégie", "un système de gouvernance très pyramidal avec un goulot d'étranglement, la maire".

Allié aux Verts, M. Hilion, enseignant-chercheur en mathématiques à l'université de Toulouse, refuse toute alliance avec LFI, qui soutient au premier tour la liste conduite par Samir Chikhi (Génération.s). "Nous, on est prêts à fusionner au deuxième tour", a assuré lors du débat M. Chikhi, qui n'a pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Richard Blanco (Lutte ouvrière) et Jean-Philippe Labarre (sans étiquette) complètent la grille de départ.