«J'ai trouvé que le salon international du transport et de la logistique a eu une très bonne fréquentation cette année. Mais notre stand était aussi très bien placé». Ambroise Pascal codirige, avec son frère Clément, E3Cortex. L'entreprise, qui conçoit et fabrique des emballages homologués pour le transport de produits spéciaux et dangereux est basée à Plailly et affiche un chiffre d'affaires proche de 6 millions d'euros en 2025. C'est une habituée du SITL qui s'est déroulée du 31 mars au 2 avril, à Paris Nord Villepinte. L'occasion de faire la démonstration d'un savoir-faire développé depuis 1983. «Lorsque notre père a créé l'entreprise au Thillais, elle faisait exclusivement des emballages industriels», note Ambroise Pascal.
De l'emballage au stockage
La proximité de l'aéroport de Roissy fait apparaître des besoins spécifiques concernant les produits dangereux. Une opportunité que saisit E3Cortex dès 1984 en obtenant sa première certification dans ce domaine. À l'époque, les clients de l'entreprise étaient les transitaires. «La plupart du temps, les exportateurs ne savaient pas vraiment comment ils devaient protéger leurs marchandises», commente le dirigeant. Mais l'évolution de la législation impose progressivement que les emballages soient conformes dès la sortie d'usine. «Notre clientèle régionale est devenue nationale, avec notamment les entreprises de chimie du couloir rhodanien ou le long de la Seine».
Aujourd'hui, les emballages industriels et pour produits dangereux représentent 60% du chiffre d'affaires. «Cela englobe la commercialisation des emballages de notre gamme, la conception et fabrication de caisses spécifiques sur-mesure dans nos ateliers», commente Ambroise Pascal. L'entreprise, qui compte 32 salariés, propose également à ses clients d'assurer le conditionnement et le stockage.
Autre spécificité d'E3Cortex : elle propose aussi des emballages destinés aux transports de produits présentant un faible taux de radioactivité. «Cela peut être des prélèvements d'effluents en sortie de centrale nucléaire destinés à être analysés», illustre le dirigeant. Un conditionnement qui séduit en France et en Europe. «Nous avons même été contactés récemment pour en vendre au Japon».
Des greffons aux batteries au lithium
L'autre volet d'activité (40% du chiffre d'affaires), est porté par le secteur médical. Il s'agit des sacoches isothermes destinées au transport de greffons. «Cette activité a pris de l'ampleur depuis dix ans, notamment avec le Covid car nous sommes les seuls fabricants français», souligne Ambroise Pascal. Un secteur de niche qui connait des évolutions liées à la recherche. «Nous avons désormais des sacoches spécifiques dont la température est propre à chaque organe», relève le chef d'entreprise.
Parmi les secteurs en pleine croissance, se trouvent les batteries au lithium. «On les retrouve partout : dans les drones, les voitures... Cela représente 50% des demandes d'informations durant le SITL». Une diversité d'usage qui multiplie les dimensions, le poids et la puissance des batteries et donc les impératifs réglementaires. «En fonction de ces éléments, ainsi que du mode de transport, nous proposons un emballage conforme à la réglementation et au cahier des charges du client». L'entreprise, qui fabrique des emballages de quelques centimètres à plusieurs mètres de longueur, utilise des matériaux variés. Son dirigeant regarde avec attention les évolutions dans le domaine du cartonnage et des plastiques biosourcés, aujourd'hui encore trop fragiles.
Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont