Dossier

A trois jours du second tour, le point dans les villes-clés

La fièvre monte à trois jours du second tour des élections municipales, en particulier dans les grandes villes où les scrutins sont très serrés comme à Paris, Marseille et Toulouse.

Les candidats à la mairie de Paris avant le débat le 18 mars 2026 sur BFMTV. De gauche à droite : Sophia Chikirou, Emmanuel Gregoire et Rachida Dati. © Bertrand GUAY

Les candidats à la mairie de Paris avant le débat le 18 mars 2026 sur BFMTV. De gauche à droite : Sophia Chikirou, Emmanuel Gregoire et Rachida Dati. © Bertrand GUAY

La fièvre monte à trois jours du second tour des élections municipales, en particulier dans les grandes villes où les scrutins sont très serrés comme à Paris, Marseille et Toulouse

Signe que la campagne s'accélère et se tend, à Paris le débat télévisé mercredi soir entre les trois candidats au second tour a été électrique et a duré plus de trois heures. Étrillé toute la soirée par ses concurrentes, à droite Rachida Dati (LR et Modem) qui a fusionné avec la liste de Pierre-Yves Bournazel (Horizons et Renaissance) d'une part, à gauche Sophia Chikirou (LFI) d'autre part, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a contre-attaqué dès jeudi matin. Après avoir accusé Rachida Dati de faute morale car elle ne pourra être élue selon lui "sans le soutien explicite de l'extrême droite parisienne et nationale", il a mis directement jeudi en cause Emmanuel Macron dans le désistement de Sarah Knafo, la candidate Reconquête! qualifiée au second tour. 

A Marseille, après une grande confusion autour de la tenue du débat sur le plateau de France Télévision jeudi soir, la candidate du centre et de la droite Martine Vassal, qui s'est maintenue au deuxième tour, a annoncé qu'elle n'y participerait pas. Les deux favoris, le maire sortant de gauche Benoît Payan et son adversaire du Rassemblement national Franck Allisio, s'affronteront donc en direct, le premier partant sur le papier en meilleure position grâce au désistement du candidat insoumis Sébastien Delogu.

Second tour dans 1 580 communes

Un second tour se tiendra dans 1 580 communes dimanche. A Toulouse, Nantes et Bordeaux, entre autres, le scrutin s'annonce incertain.

  • Dans la ville rose, le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc se retrouve seul face à une union de la gauche, menée par le député Insoumis François Piquemal qui sur le papier est en mesure de l'emporter. A moins que les électeurs du socialiste François Briançon (numéro 3 sur la liste fusionnée) ne rejettent massivement l'alliance avec le parti mélenchoniste. Jeudi matin, M. Piquemal a été hué lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes des attentats perpétrés par Mohammed Merah en mars 2012. "Dehors, LFI!", "antijuif!", "vous n'avez rien à faire ici, honte à vous le parti de l'islamisme!", peut-on entendre sur plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux, tandis que M. Piquemal prenait part à la cérémonie auprès de M. Moudenc. 

  • A Nantes, Johanna Rolland, numéro 2 du PS, s'est alliée à LFI. Le candidat LR de l'alliance droite-centre Foulques Chombart de Lauwe dénonce une alliance "de la honte". Avec 33,77% au premier tour, il a réussi à talonner la maire sortante (35,24%). 
  • Configuration complètement différente à Bordeaux, où les résultats pourraient également être serrés dimanche entre le candidat macroniste Thomas Cazenave, qui devrait bénéficier d'un bon report des voix obtenues par l'économiste Philippe Dessertine (20,2%) au premier tour, et le maire écologiste sortant Pierre Hurmic qui a refusé toute fusion avec la liste insoumise. 

En attendant, les différents partis commencent déjà à se projeter dans la suite, convaincus comme le député Philippe Juvin (LR) qu'"à partir de lundi prochain, la campagne présidentielle commence".