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Municipales: les listes sont déposées pour le second tour, Knafo se retire à Paris, Delogu à Marseille

Les négociations et dépôts de listes sont clos depuis mardi 18H00 pour le second tour des élections municipales, avec d'ultimes fusions ou retraits, comme celui de Sarah Knafo à Paris pour "faire barrage à la gauche" ou de l'Insoumis Sébastien Delogu à Marseille...
Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure sur le plateau de France 2 le 16 mars 2026 © Ludovic MARIN

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure sur le plateau de France 2 le 16 mars 2026 © Ludovic MARIN

Les négociations et dépôts de listes sont clos depuis mardi 18H00 pour le second tour des élections municipales, avec d'ultimes fusions ou retraits, comme celui de Sarah Knafo à Paris pour "faire barrage à la gauche" ou de l'Insoumis Sébastien Delogu à Marseille, laissant Benoît Payan seul à gauche face au RN.

La journée a fait l'objet d'intenses tractations, dans un climat électrique, mais la situation est désormais fixée dans toutes les villes, avec parfois des rebondissements de dernière minute.

A Bordeaux, l'économiste Philippe Dessertine, arrivé troisième, n'a finalement pas déposé sa liste après avoir répété qu'il se maintiendrait. Une mauvaise nouvelle pour le maire écologiste sortant, Pierre Hurmic, désormais face à un seul adversaire, le macroniste Thomas Cazenave.

A Paris, l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo a annoncé qu'elle se désistait. De quoi nourrir un espoir de "remontada" pour la candidate LR et Modem, Rachida Dati, malgré les 12,5 points de retard enregistrés au premier tour face au socialiste Emmanuel Grégoire.

Mardi soir sur TF1, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a déclaré qu'il voterait "à titre personnel" pour Mme Dati s'il était électeur à Paris.

Rachida Dati avait déjà obtenu la fusion de ses listes avec celles du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel, qui s'est cependant personnellement retiré du scrutin.

Citant les cas de M. Bournazel et de M. Dessertine, la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, a accusé sur BFMTV les macronistes de "casser des genoux et tordre des bras" pour que des candidats se retirent. 

A gauche, en revanche, l'Insoumise Sophia Chikirou s'est maintenue, le socialiste Emmanuel Grégoire ayant réitéré son refus d'une alliance après une campagne de premier tour tendue.

A Marseille, le LFI Sébastien Delogu (11,94%) a finalement jeté l'éponge face au risque d'une victoire du RN Franck Allisio.

Le maire de gauche sortant Benoit Payan avait rejeté toute alliance avec lui après avoir, au premier tour, devancé d'une courte tête (36,70%) Franck Allisio (35,02%).

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "le sectarisme aveuglé" de M. Payan et salué le dévouement de son protégé "à la dignité de Marseille".

Martine Vassal (LR), qui a recueilli 12,4%, a elle annoncé son maintien.

Autre ville à rebondissements: Strasbourg. La sortante écologiste, Jeanne Barseghian, distancée par l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, a conclu lundi un accord avec LFI.

Mais Mme Trautmann a de son côté enregistré le ralliement de Pierre Jakubowicz, candidat Horizons soutenu par Renaissance.

Face à la colère de Marine Tondelier, le PS s'est désolidarisé de Mme Trautmann, désormais "en dehors du parti". La formation d'Edouard Philippe a également rompu avec son candidat en annonçant son soutien au candidat LR Jean-Philippe Vetter.

Le PS "acheté" pour pas "trop cher

Cet entre-deux tours a été marqué aussi par nombre de fusions entre LFI et le PS qui valent à ce dernier de vives critiques, y compris par son allié Raphaël Glucksmann.

Le PS a accepté des ralliements Insoumis, qualifiés parfois de "techniques" et non programmatiques, derrière ses têtes de liste, comme à Nantes. Mais il a aussi consenti à se ranger derrière LFI à Toulouse ou Limoges.

"Les programmes des listes avec lesquelles nous avons parfois fusionné ne comportent ni discrimination ni racisme ni antisémitisme", s'est justifié lundi Olivier Faure, en refusant d'associer toutes les figures insoumises locales à Jean-Luc Mélenchon, devenu infréquentable aux yeux de nombreux socialistes.

"On veut qu'un maximum de Français puissent avoir accès à des politiques écologistes et de gauche dans un monde très brutal", a justifié de son côté Marine Tondelier, dont le candidat à Lyon, Grégory Doucet, a accepté une fusion "technique" avec l'Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi pour l'emporter face à Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre.

Mais là aussi, rebondissement dans l'après-midi avec l'échec des négociations entre écologistes et LFI pour la métropole de Lyon.

A Poitiers, la maire écologiste sortante, Léonore Moncond'huy, et le candidat Insoumis allié aux communistes, Bertrand Geay, ont annoncé la fusion de leurs listes.

Ces accords avec LFI ont suscité une pluie de critiques. "Honte et déshonneur" pour Bruno Retailleau (LR), comportement "hypocrite", a fustigé Marine Le Pen (RN). "Ce ne sont pas des accords locaux, c'est un accord national", a critiqué Gabriel Attal, le patron de Renaissance.

La droite et le centre se délectaient d'une phrase de Jean-Luc Mélenchon il y a quelques jours en meeting à propos des socialistes. "C'est des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le deuxième tour là où on les achètera", avait-il lancé.

Olivier Faure a été aussi vilipendé dans son camp. Raphaël Glucksmann a dénoncé sa "manière de faire de la politique" et son manque de "clarté", confirmant le retrait des candidats Place publique des listes fusionnées.