En bref

À Villers-Cotterêts, Emmanuel Macron propose une «journée sans connexion» mensuelle pour les jeunes

Emmanuel Macron était en visite jeudi 16 avril à la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts. Le chef de l’État qui a pris l'engagement d'interdire les réseaux sociaux avant 15 ans, y a lancé la «journée hors ligne» et a appelé à instaurer une «journée sans connexion» mensuelle pour les jeunes exposés aux écrans et en proie selon lui à un manque d'attention et à la solitude.

C'est un cheval de bataille d'Emmanuel Macron depuis plusieurs mois. Face à l’explosion du temps d’écran chez les 6-17 ans et à l’impact des algorithmes sur les enfants, le chef de l’État a pris l'engagement d'interdire les réseaux sociaux avant 15 ans. «Pour vivre, il y a deux choses qui posent problème et semblent faire souffrir de plus en plus, c'est l'inattention et la solitude. Et c'est de plus en plus mesuré, dit, décrit chez les plus jeunes, les enfants, les adolescents, explique le chef de l’État devant 350 élèves franciliens et des classes de la réussite d’Amiens, réunis à Villers-Cotterêts. À raison du temps que nos enfants et adolescents passent sur les écrans, leur attention leur est volée. On s'habitue de plus en plus à être sur un écran, à faire défiler des contenus très vite, des vidéos très courtes et on voit que c'est de plus en plus difficile de regarder un film, de lire un livre, de se poser sur un texte, d'avoir la patience avec les autres».

Promotion de la lecture

À Villers-Cotterêts, dans le château de François Ier qu'il a activement contribué à rénover pour en faire la Cité internationale de la langue française, Emmanuel Macron est venu lancer une «journée hors ligne» et a pu découvrir plusieurs ateliers de lecture, théâtre et BD organisés avec des lycéens et collégiens. «La langue, c'est ce qui nous lit, rappelle-t-il. Nous voudrions qu'il y ait parfois, une fois par mois, une journée sans connexion pour se réhabituer à prendre le temps, montrer que c'est possible : une journée où on va lire, écrire, faire de la bande dessinée, faire du théâtre, passer du temps avec les autres. C'est cela qui permet de refixer son attention. Retrouver ce rythme à l'école, lire et essayer de le faire à voix haute pour prendre confiance en soi et s'assurer qu'on comprend un texte».

Edouard Geffray, le ministre de l'Education nationale, lui aussi présent dans l'Aisne, a expliqué qu'il comptait lancer une «concertation» avec les chefs d'établissement afin de mettre en place cette initiative à partir de la prochaine rentrée des classes de septembre. Des établissements dans lesquels les téléphones portables sont d'ores et déjà interdits. «Nous voulons encourager les enseignants à continuer ce travail de vous ouvrir aux livres, au théâtre, à cette transmission, explique le président à l'adresse des élèves. C'est important pour faire des citoyens et citoyennes. Et face à l'inattention et à la solitude, il y a la lecture, il y a les mots, chérissez-les, apprenez-les et faites en le meilleur usage possible».