Situé place du Général-de-Gaulle à Abbeville, un ancien hôtel particulier en briques construit vers 1850 renait. Occupé en dernier lieu par les services de l’ancienne communauté de communes de l’Abbevillois, il a été racheté par Delphine Bouthors. Elle est tombée sous le charme de la bâtisse qui a connu des heures sombres durant la Deuxième Guerre mondiale comme le rappelle une plaque commémorative posée sur le devant de la façade. Onze résistants y ont été torturés et assassinés par les nazis le 1er septembre 1944 :
Des heures sombres au renouveau
«Dès que j’ai monté l’escalier de sept marches, j’étais conquise», confie Delphine Bouthors. Mais rien n’aurait été possible sans le soutien d’Isabeau et de Charles, ses deux enfants, qui l’épaulent physiquement et moralement dans les travaux, pour transformer peu à peu l’hôtel particulier pour accueillir des touristes : «Il a été baptisé le Relais des anges car une tête d’ange en bois a été sculptée sur la cheminée et c’est, bien sur, pour rendre hommage au martyr subis par les résistants», explique t-elle.
En famille, ils rénovent peu à peu chaque pièce. Tout le mobilier est chiné avec une préférence pour le matériau bois, qui selon Delphine Bouthors apporte de la chaleur. Pour le moment, trois chambres d’hôtes, avec kitchenette, ont été aménagées dans des anciens bureaux situés dans une annexe. Les petits déjeuners sont pris dans une grande salle au rez-de-chaussée de la belle bâtisse.
Au menu notamment du sucré/salé comme le fameux gâteau battu. Dans les prochains jours, il sera possible de déjeuner ou de diner sur place grâce au talent de cuisinière de Delphine Bouthors qui a déjà prévu au menu : tartelettes au maroilles, ficelles picardes, terrine de canard et autres noix de Saint-Jacques. Cette salle en jouxte une autre aussi grande où un bar a été aménagé. Les deux pièces sont juste séparées par une double porte qui peut être ouverte pour créer un grand espace pouvant accueillir jusque 50 personnes.
Séminaires, afterworks, brunchs…
«On peut imaginer l’organisation de séminaires dans l’une et un coin pause/détente/ déjeuner dans l’autre, développe t-elle. Une autre salle d’environ 40 m² peut aussi accueillir des séminaires. Les lieux sont aussi idéaux pour des afterworks. Dans ma vaste entrée, il y a des jeux dont une table de billard. Elle se recouvre d’un plateau sur lequel peut être servi un buffet. Je pense aussi organiser des brunchs le dimanche midi. Le parc pourra aussi être utilisé pour des évènements».
Delphine Bouthors poursuit la transformation de sa protégée par l’aménagement de quatre nouvelles chambres d’hôtes au premier étage. Les deux premières ouvriront dans les prochains jours. A la suite, celles situées dans les anciens bureaux deviendront des gites. Les deux dernières chambres d’hôtes devraient être achevées pour l’automne.
D’ores et déjà, Delphine Bouthors savoure la satisfaction d’avoir pu acquérir cette maison, de réussir chaque jour grâce à ses talents de bricoleuse - elle pose jusqu’au carrelage - de peu à peu lui donner une nouvelle vie tout en la partageant avec ses hôtes : «Je me suis donnée comme mission de prendre soin d’elle afin de la transmettre à mes enfants. Je me sens en sécurité dedans. Vous n’avez pas la même sensation?», questionne t-elle les yeux remplis d’émotion.